En 1794, sous la Première République, la Convention abolit l’esclavage dans les colonies françaises. Pourtant, les discriminations envers les personnes racisées continuent tout au long de l’histoire de la République. Comment expliquer cette contradiction avec les valeurs d’égalité et de fraternité ?
Avec
- Carole Reynaud-Paligot, Historienne, chercheuse associée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Delphine Gardey, Historienne et sociologue, professeure d’histoire contemporaine à l’Université de Genève
"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune." Le 26 août 1789, en pleine Révolution, quand est adoptée définitivement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la France n’est pas une république, mais une monarchie en passe de devenir constitutionnelle. La République lui succède en septembre 1792. La question de la distinction raciale pourrait paraître réglée, puisque le texte déclare que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Pourtant l’esclavage, lui, n’est pas aboli. (...)
Vers une première abolition de l’esclavage
La Déclaration de 1789 "est un acte inaugural. C’est un moment de promesse d’émancipation, mais c’est une promesse qui n’est pas accomplie pour toutes et pour tous", précise l’historienne et sociologue Delphine Gardey, autrice du Corps noir de la République. De l’esclave au député (1789-1946) (Textuel, 2025). (...)
Des discours et des mesures profondément racistes sous la Troisième République (...)