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France24
Quand les femmes prennent l’accouchement en main
#femmes #accouchement
Article mis en ligne le 13 janvier 2026
dernière modification le 11 janvier 2026

Encore aujourd’hui, les accouchées ne sont pas toujours au centre du processus. Leur voix peut être écrasée par l’équipe médicale, leur plan d’accouchement oublié et leur personne même infantilisée, voire violentée. Comment faire en sorte que les femmes puissent prendre davantage part à leur propre accouchement et comment peuvent-elles être accompagnées dans ce moment si important ? Laure Manent pose la question à Justine Le Lez, sage-femme et consultante en santé publique passée par l’OMS.

Pour les femmes qui accouchent, toute une équipe est présente. En France, elles sont accompagnées par des sage-femmes pendant toute la grossesse et au moment de la naissance, mais ce ne sont pas toujours les mêmes et c’est bien dommage, explique Justine Le Lez (...)

Mais la profession de sage-femme (littéralement, "la personne qui a la connaissance du corps de la femme"), qu’on peut appeler aussi maïeuticienne – ou maïeuticien, n’est pas exactement la même partout dans le monde. (...)

La surmédicalisation, entre choix "culturel" et objectif économique (...)

Au moment crucial, l’équipe médicale reprend bien souvent la main, car la naissance est un événement qui peut se dérouler sans anicroche, mais peut aussi être une question de vie ou de mort. Cela entraîne d’ailleurs un travers qu’on retrouve dans beaucoup de pays : la surmédicalisation de ce moment, avec des recours pas forcément justifiés à l’épisiotomie ou à la césarienne. Les chiffres, d’ailleurs, sont frappants : le taux de césarienne atteint 80 % en Égypte et au Brésil, contre une moyenne de 20 % en France. (...)

Et puis, il y a un autre argument, celui de l’économie. Un accouchement "naturel", sans intervention médicale particulière, seulement accompagné par une sage-femme, ne coûte pas cher. Dans les établissements publics, on s’en félicite. Mais dans le privé, si gynécologue, obstétricien·ne ou anesthésiste interviennent, ce sont autant d’actes qui se facturent, et rapportent de l’argent.

L’accompagnement en-dehors des sentiers battus, encore peu répandu (...)

"Plus les femmes sont actrices de leur accouchement et moins elles risquent la dépression post-partum", justifie Justine Le Lez, un mal qui touche 10 à 20 % des jeunes mères. Certains établissements en ont fait leur spécialité, comme la maternité des Lilas, précurseuse sur l’accompagnement bienveillant des femmes, mais aujourd’hui fermée.

D’autres possibilités existent, comme les maisons de naissance qui offrent des alternatives intéressantes mais souffrent d’un manque de connaissance sur ce que cela recouvre : des accompagnements de grossesse et accouchements sans hospitalisation, certes, mais accolés à des établissements hospitaliers pour réorienter maman et enfant en cas de complications ou d’urgence. (...)