Le Maine est devenu, mardi 14 avril 2026, le premier État américain à voter un moratoire sur la construction de grands centres de données, une mesure inédite motivée par la flambée des prix de l’électricité et les inquiétudes environnementales suscitées par le boom des infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Aux USA, la course à l’intelligence artificielle entraîne la construction d’énormes centres de données (data centers) sur l’ensemble du territoire. Mais de plus en plus de voix s’élèvent contre ces installations extrêmement gourmandes en eau et en électricité, qui font également grimper les factures énergétiques des ménages américains. Face à ce constat, l’État du Maine, dans le nord-est du pays, a adopté un projet de loi qui pourrait en faire un pionnier. Il pourrait devenir le premier État américain à imposer un moratoire sur ces nouveaux centres de données.
S’il reçoit l’approbation de Janet Mills, la gouverneure démocrate du Maine, ce projet de loi, déjà adopté par la Chambre des représentants et le Sénat, gèlera jusqu’en octobre 2027, toutes les approbations pour les centres de données nécessitant plus de 20 mégawatts d’énergie. Le texte crée également un Conseil de coordination chargé d’évaluer les effets de ces installations sur le réseau électrique, l’environnement et les factures des habitants, avant toute éventuelle levée de ce moratoire. (...)
Le mois dernier, le sénateur démocrate Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez ont présenté un projet de loi pour suspendre toute construction de centres de données tant que le Congrès n’aura pas adopté une législation sur la sécurité de l’IA. (...)
À ce jour, onze États envisagent une législation qui arrêterait ou restreindrait le développement des centres de données. La situation du Maine est donc scrutée avec attention et pourrait servir de crash-test pour les États qui débattent de mesures similaires.
image : DOE — NREL, Public domain, via Wikimedia Commons