Derrière son image étincelante de leader mondial du cloud, la filiale du géant du commerce en ligne cache de très rudes conditions de travail. Confrontés à une pression constante et à une charge de travail exponentielle, plusieurs anciens salariés français ont confié à « Mediapart » avoir été brisés par leur expérience.
(...) Cette commerciale restée plus de cinq ans dans l’entreprise salue encore « la vélocité incroyable du business » et « la latit ude très importante laissée aux équipes » : « Vous êtes surtout en compétition avec vous-même, vous pouvez aller toujours plus haut, toujours plus fort. » (...)
Essoré·es par la pression constante qu’ils et elle confient avoir vécue, physiquement ou moralement épuisé·es, s’estimant poussé·es dehors, une dizaine de salarié·es ont raconté à Mediapart la manière dont Amazon Web Services a brisé l’évolution de leur carrière. (...)
« Nous avons constaté plusieurs cas de troubles anxio-dépressifs réactionnels, liés à une pression forte, une recherche du chiffre et de la rentabilité immédiate, un dépassement quasi constant des limites. »
Françoise François, psychologue du travail (...)
Les journées de travail s’étalent facilement de 7 h 30 à 20 heures, sans compter les éventuels dîners avec des client·es ou les appels internationaux, ainsi que les nombreux week-ends engloutis. Une routine de surtravail acceptée en raison des hauts salaires, mais aussi de l’intérêt des tâches, vouées à convaincre de prestigieux clients d’utiliser les outils d’AWS puis à les accompagner au mieux.
Mais l’équilibre personnel peut vaciller rapidement. (...)
Des dizaines de milliers de départs (...)
l’outil le plus redoutable, également décrit par Le Monde, se nomme PIP, pour Performance Improvement Plan (« plan d’amélioration de la performance »). De plus en plus utilisé dans les grandes entreprises, il consiste en une mise sous surveillance d’un·e salarié·e jugé·e défaillant·e. On lui demande de remplir des objectifs chiffrés fixés par son ou sa manager, dans un temps court.
Si le ou la salariée faillit, cette dernière n’a plus sa place dans les effectifs. (...)
Une avocate qui compte une dizaine d’ancien·nes d’AWS parmi ses client·es dénonce « un système pervers, infect, de réduction d’effectif qui ne dit pas son nom, l’entreprise proposant des pseudo-choix sous contrainte ». (...)
Indemnités maladie non versées (...)
imag : Amazon.com, Inc. and Koto, Public domain, via Wikimedia Commons