Samedi soir 9 mai, dans le nord-ouest du Pakistan, à quelques kilomètres de la frontière afghane, une attaque suicide à la voiture piégée a visé un poste de police à Bannu, complètement soufflé par l’explosion. Au moins 21 policiers ont été tués. Que sait-on de cette attaque et pourquoi la situation sécuritaire se dégrade-t-elle autant dans cette zone frontalière ?
(...) L’attaque de Bannu a été revendiquée par une alliance récente de groupes jihadistes actifs dans cette zone montagneuse et très pauvre, où l’État pakistanais peine depuis longtemps à imposer son contrôle.
Ces attaques visent avant tout l’État. Dans les journaux locaux, les bilans s’enchaînent : convois militaires pris en embuscade, postes-frontières ciblés, assassinats de policiers… En moyenne, deux à trois membres des forces de sécurité sont tués chaque jour dans le pays.
Les opérations de l’armée pakistanaise n’ont pas réussi à enrayer la progression de ces groupes insurgés. (...)
Et c’est cette dégradation sécuritaire qui alimente le conflit avec Kaboul. Islamabad accuse les talibans afghans de laisser des groupes armés utiliser le territoire afghan pour préparer des attaques au Pakistan, ce que Kaboul dément (...)