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Mercosur : les agriculteurs européens « sacrifiés pour faire avancer l’industrie »
#Mercosur #libreEchange #urgenceclimatique #StopTafta #UE #agriculteurs
Article mis en ligne le 2 février 2026
dernière modification le 29 janvier 2026

Des agriculteurs continuent de se mobiliser à travers toute l’Europe contre l’accord avec le Mercosur, même si la plupart des gouvernements le soutiennent. Ils témoignent de leurs craintes et tournent leurs espoirs vers la Cour de justice européenne.

Le Parlement européen a voté le 21 janvier pour saisir la Cour de justice de l’Union européenne au sujet de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Cette saisine de la cour bloque en théorie l’entrée en vigueur de cet accord commercial pendant plusieurs mois. Dans l’intervalle, la Commission européenne a toutefois la possibilité d’appliquer le traité à titre provisoire si elle le souhaite. Le gouvernement français a dit s’opposer à cette application provisoire. (...)

Au moment où les parlementaires européens votaient, à l’extérieur du Parlement, à Strasbourg, des agriculteurs étaient venus de toute l’Europe pour manifester leur opposition à l’accord. Les manifestations agricoles se poursuivent aussi dans différents pays (...)

« L’ensemble des agriculteurs espagnols rejettent cet accord »

En Espagne aussi, l’accord de libre-échange avec le Mercosur suscite une large opposition du monde agricole. « L’ensemble des agriculteurs espagnols rejette cet accord », affirme Andoni García. Mais pas le gouvernement espagnol, de gauche, même si Sumar, parti de gauche qui fait partie du gouvernement, s’y oppose. (...)

Au niveau des gouvernements, seulement quelques pays de l’UE ont choisi de prendre position contre l’accord commercial avec le Mercosur : la France, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, et l’Irlande. En Italie, le gouvernement, dirigé par l’extrême droite de Giorgia Meloni, a tergiversé un temps avant de finalement soutenir le traité de libre-échange. (...)

Les éleveurs en intensif et hors-sol de France, d’Italie, d’Allemagne, vont sûrement y gagner parce qu’ils auront du soja à prix bien plus bas que le prix actuel » (...)

« L’élevage de montagne va être écrasé »

Mais en Italie comme ailleurs, les petites exploitations risquent en revanche de pâtir de l’accord, ajoute Antonio Onoratti. (...)

Les coûts de production vont baisser pour l’industrie agroalimentaire, avec cet accord mais aussi avec ceux négociés avec le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Canada… et ça va fournir une nouvelle occasion pour comprimer encore plus le prix payé à la ferme. (...)

Pour les agriculteurs espagnols, « les conséquences seront très graves, alerte Andoni Garcia. Pour l’élevage, l’accord permet l’importation d’une viande de bœuf à un prix bien plus bas, qui risque de remplacer la production locale. Le Brésil, en plus de produire de la viande à grande échelle, n’a pas les normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal que nous avons ici. Mais on peut aussi parler du secteur avicole, du secteur porcin, du miel, ajoute le syndicaliste agricole. D’autres produits comme le riz, le sucre, les agrumes sont également concernés. Tous ces secteurs seront touchés en Espagne, les produits moins chers arrivant sur le marché vont exercer une forte concurrence sur les agriculteurs et les éleveurs. »

En Irlande, la plus grande organisation agricole, l’IFA (Irish Farmers’ Association), l’équivalent de la FNSEA, « s’est clairement positionnée contre le Mercosur » (...)

Plus de la moitié des exploitations agricoles de l’UE sont encore des petits producteurs avec moins de cinq hectares. Comment pourront-ils survivre face aux nouvelles importations venues d’Amérique latine ? (...)

11 % de la population active grecque travaille encore dans l’agriculture. C’est le chiffre le plus haut de toute l’Europe. Moins de 2 % de la population active travaille dans l’agriculture en Allemagne, 3 % en France et au Portugal, environ 4 % en Irlande, Italie, Espagne, 8 % en Pologne. Plus de la moitié des exploitations agricoles de l’UE sont encore des petits producteurs avec moins de cinq hectares. Comment pourront-ils survivre face aux nouvelles importations venues d’Amérique latine ?