
Chaleurs extrêmes, cyclones, inondations... Les événements climatiques extrêmes de 2023 ont davantage affecté les plus précaires et les peuples autochtones, analyse un rapport d’Amnesty International. (...)
À travers le monde, le droit des peuples à vivre dans un environnement sain régresse, et les populations marginalisées se retrouvent en première ligne. (...)
Premier constat : en 2023 — l’année la plus chaude depuis au moins 100 000 ans —, les événements climatiques extrêmes se sont multipliés. « Et ce sont ceux qui ont le moins contribué au dérèglement climatique qui en ont payé le prix fort », observe Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International. Les habitants des pays du Sud ont globalement été davantage affectés par les cyclones, les inondations et les vagues de chaleur, note-t-elle. À l’échelle nationale, les personnes précaires, âgées et racisées ont également souffert « plus fortement » des événements climatiques extrêmes.
Le cas de la population rohingya, au Myanmar, illustre bien cette vulnérabilité spécifique. (...) (...)
Des dizaines de milliers d’entre eux étaient cloîtrés depuis plus de dix ans dans des camps « déplorables ». Les autorités militaires se sont par ailleurs opposées à ce qu’une aide humanitaire leur soit apportée suite au passage du cyclone. (...)
Autre exemple : le Pakistan, qui a été frappé l’année dernière par des vagues de chaleur record. La santé de sa population — qui a très faiblement contribué aux émissions historiques de gaz à effet de serre mondiales — a été mise à mal par ces canicules (...)
Les plans de gestion des vagues de chaleur du gouvernement n’incluant « aucune protection sociale solide », beaucoup n’ont pas été en mesure de suivre les recommandations sanitaires, comme la réduction du temps de travail.
« Risquer de perdre la vie »
Les autochtones figurent également parmi ceux ayant le plus souffert, en 2023, de la catastrophe écologique. (...)
Les peuples premiers ont par ailleurs été davantage touchés par les conséquences des grands projets extractivistes que le reste de la population. (...)
« Pour les défenseurs de l’environnement, l’année 2023 a été extrêmement difficile » (...)
Dans beaucoup d’endroits du monde, se battre pour un environnement sain, c’est risquer de perdre la vie. » En Amérique latine, notamment, « être un défenseur de l’environnement est un engagement à haut risque » (...)
Les États européens ont eux aussi « durci », en 2023, leur réponse aux activistes écologistes. (...)
« On est dans un climat d’intimidation, ce qui réduit la capacité de se rassembler, de manifester, de protester » (...)