Depuis huit ans, l’écrivain et géographe Michel Bussi soutient SOS MEDITERRANEE. Un engagement de longue haleine, né à l’intersection entre la recherche, l’écriture et l’indignation face aux discours des politiques sur l’immigration. Lors de sa participation à une table ronde organisée par SOS MEDITERRANEE sur le sauvetage en mer dans le cadre du festival lyonnais Quai du Polar, l’auteur du roman On la trouvait plutôt jolie a tenu à déconstruire les idées reçues et à rappeler la réalité documentée des opérations de secours en Méditerranée.
(...) « Je me suis rendu compte qu’il y avait comme une sorte de hiatus entre ce que disaient les scientifiques, les chercheurs, et ce que l’on donnait à l’opinion publique, notamment ce que les politiques affirment sur les questions migratoires », confie Michel Bussi. (...)
« Nous vivons dans un monde ultra-connecté, où n’importe qui, même dans les pays les plus pauvres, peut avoir accès à l’information. Pourtant, le monde n’a jamais été aussi fermé. Les frontières sont devenues asymétriques : elles sont franchies dans un sens, mais pas dans l’autre. »
Son engagement auprès de SOS MEDITERRANEE est loin de faiblir face à la montée des discours de haine. (...)
« Une vie humaine compte, quelle que soit son origine. Sauver des vies, c’est un devoir. Et tout homme a droit à la justice. Le droit à être défendu, le droit à une aide juridictionnelle, en particulier pour les mineurs. Pourtant, aujourd’hui, on accepte des mesures dérogatoires par rapport aux droits humains, on flirte avec une justice à deux vitesses. »
Michel Bussi reste cependant lucide sur la portée de son engagement : « J’espère un jour ne plus avoir à me battre pour ce que je crois. Mais pour l’instant, j’ai l’impression d’être minoritaire. » Alors il continue. Pour que l’opinion bascule. Pour que l’Europe ne trahisse pas ses principes. Pour que la justice ne soit pas un privilège.