Le Kosovo a commencé à accueillir des ressortissants expulsés des États-Unis. Une manière pour Pristina de montrer sa « reconnaissance » envers Washington pour avoir toujours défendu l’indépendance de cette ancienne province serbe.
(...) Un accord migratoire adopté dans la discrétion
Le gouvernement kosovar a adopté, en juin dernier, un accord acceptant, sur demande américaine, de recevoir temporairement jusqu’à 50 personnes par an expulsées des États-Unis afin de faciliter leur retour dans leur pays d’origine.
Cette révélation intervient alors qu’Albin Kurti est fragilisé politiquement : arrivé en tête aux élections législatives en février, il n’a toutefois pas réussi à former un gouvernement. Il a donc été contraint d’accepter de nouvelles élections prévues le 28 décembre. Les États-Unis ont même critiqué ses décisions internes, notamment envers la minorité serbe.
Un message politique adressé à Washington
En acceptant cet accord migratoire, le Kosovo envoie une preuve de loyauté aux États-Unis pour la reconnaissance de son indépendance en 2008. Il montre ainsi qu’il est un partenaire fiable, capable d’assumer des responsabilités que d’autres pays hésitent à prendre. Les États-Unis gardent une influence économique et politique considérable dans le pays, l’un des plus pauvres d’Europe.
Avant l’accord avec Washington, le Kosovo avait déjà ratifié un accord à hauteur de 200 millions d’euros avec Copenhague pour l’accueil de prisonniers étrangers condamnés au Danemark, et qui pourront purger leur peine dans une prison kosovare.
Avec le durcissement migratoire acté lundi 8 décembre par l’Union européenne, la possibilité d’installer des centres hors du territoire européen, notamment dans cette région, se précise. (...)