Après avoir été épargné pendant deux jours par la guerre israélo-américaine sur l’Iran, qui a éclaté le matin du samedi 28 février, le Liban a finalement été rattrapé par le conflit lundi 2 mars à l’aube. L’armée israélienne a lancé de vastes raids sur plusieurs régions du pays après des tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah sur le nord d’Israël. Le mouvement chiite libanais menait des représailles au meurtre du Guide suprême Ali Khamenei.
Les frappes les plus violentes ont visé lundi 1er mars à l’aube la banlieue sud de Beyrouth, touchée par un grand nombre de missiles air-sol, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Les puissantes déflagrations ont résonné dans toute la capitale et ont fait trembler les murs dans ses périphéries, ravivant les souvenirs de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, à l’automne 2024.
Selon un bilan provisoire communiqué par le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait au moins 31 morts et 149 blessés.
Une quinzaine de localités au sud et au nord du fleuve Litani ont aussi subi des attaques aériennes ou des tirs d’artillerie et de chars. L’offensive israélienne a commencé à l’aube, deux heures après le tir de plusieurs projectiles sur le nord d’Israël à partir du Liban. (...)
Israël va « intensifier » ses frappes
De son côté, le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré dans la nuit de dimanche 1er à lundi 2 mars que les habitants du nord d’Israël ont été informés que les frappes au Liban se poursuivront pendant au moins quelques jours. Dans ce contexte, l’armée israélienne a lancé un ordre d’évacuation aux habitants d’une cinquantaine de villages dans le sud du Liban et la plaine orientale de la Bekaa.
L’armée israélienne a même averti qu’elle comptait « intensifier » ses frappes au Liban visant le Hezbollah en représailles de tirs de roquettes du mouvement chiite vers son territoire. (...)
Les raids israéliens et les appels à quitter les villages ont provoqué un vaste mouvement d’exode désordonné des habitants. Des centaines de familles ont fui la banlieue sud de Beyrouth dans le froid et en pleine nuit pour prendre refuge sous des ponts ou des terrains vagues.
De nombreux établissements scolaires ont ouvert leurs portes pour accueillir les déplacés. Un mouvement d’exode est également en cours à partir du sud du Liban vers des régions plus au nord, avec une circulation très dense enregistrée sur l’autoroute côtière.(...)