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La mission Euclid de l’ESA révèle 26 millions de galaxies
#galaxies #cosmos
Article mis en ligne le 3 avril 2025
dernière modification le 31 mars 2025

Avec seulement sept jours d’observation à son actif en 2024, Euclid a d’ores et déjà découvert le nombre ahurissant de 26 millions de galaxies, ainsi que quelques centaines de singularités astronomiques.

Une mission spatiale dont le but est de créer une carte en trois dimensions de l’Univers vient de dévoiler des données très précieuses. Et c’est à couper le souffle : des galaxies de toute forme et taille semblent nager dans un sombre océan cosmique moucheté d’étranges petits cercles de lumière stellaire et de trous noirs géants.

L’équipe de la mission Euclid, ce satellite de l’Agence spatiale européenne (ESA), a en tête un projet ambitieux : comprendre les forces qui assurent la cohésion du cosmos tout en pouvant le détruire. Pour ce faire, Euclid a pour mission d’observer des milliards de galaxies au cours des six prochaines années. Les scientifiques se serviront de ces informations pour tenter de répondre à certaines des plus grandes questions astronomiques. (...)

Avec seulement sept jours d’observation à son actif en 2024, Euclid a d’ores et déjà découvert un nombre ahurissant de 26 millions de galaxies, ainsi que quelques centaines de particularités astronomiques étranges. « C’est absolument fascinant », s’émerveille Carole Mundell, astrophysicienne et directrice scientifique de l’Agence spatiale européenne.

Il s’agit de la première salve de données d’Euclid.

QUELS MYSTÈRES LES DONNÉES D’EUCLID POURRAIENT-ELLES PERMETTENT DE RÉSOUDRE ?

Parmi les plus grands mystères de l’astrophysique, la matière noire et l’énergie noire, qui constituent 95 % de l’Univers, obsèdent les scientifiques. Que sont-elles exactement et pourquoi affectent-elles l’Univers de cette façon ? La matière noire est une matière indétectable qui lie les galaxies et leurs étoiles plus intimement que la seule gravité ne pourrait l’expliquer. L’énergie noire, quant à elle, est une force invisible qui accélère l’expansion de l’Univers, bien que des mesures récentes du cosmos suggèrent que cette énergie s’affaiblirait au cours du temps.

Les scientifiques ne peuvent pas (encore) détecter l’énergie noire ou la matière noire directement. À la place, ils font ce qui s’en rapproche le plus : estimer la forme du cosmos en étudiant un grand nombre de ses galaxies, leur configuration, leur mouvement et leur position.

C’est le maître dessein d’Euclid, télescope spatial européen qui doit son nom au mathématicien grec que l’on surnomme le « maître de la géométrie ». Lancé en 2023, il se trouve dans une partie gravitationnellement stable de l’espace, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Là-bas, il s’affairera à étudier un tiers du ciel, en zoomant de manière répétitive sur trois parties spécifiques, connues sous le nom de champs profonds d’Euclid. En découlera la découverte de milliards de galaxies.

« Chaque galaxie est magnifique », déclare Adam Amara, astrophysicien et scientifique en chef de l’Agence spatiale du Royaume-Uni. « Nous n’avons cependant pas conçu [Euclid] pour fournir de beaux clichés. Nous l’avons conçu pour faire de la science dure. » (...)

L’Univers a 13,8 milliards d’années. La magie technologique d’Euclid lui permettra d’observer des galaxies qui se sont formées il y a plus de 10,5 milliards d’années. Cela signifie qu’« Euclid n’est pas simplement un détective de l’Univers sombre, c’est aussi une machine à remonter le temps », confie Carole Mundell. (...)