Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
la Déferlante
La Maison de Marthe et Marie, en croisade contre l’avortement
#Sterin #extremedroite #nuitduBienCommun #MaisondeMartheetMarie #femmes
Article mis en ligne le 16 décembre 2025
dernière modification le 14 décembre 2025

Sous couvert de « colocations solidaires », cette association fait du prosélytisme contre l’avortement. Financée par la galaxie catholique ultraconservatrice – dont le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin – elle bénéficie aussi de fonds publics, à l’instar de ceux de la mairie de Paris, qui l’a subventionnée à hauteur de 700 000 euros pour la réhabilitation d’un monastère. À la suite de nos révélations, les adjoint⸱es d’Anne Hidalgo ont demandé le retrait de l’association du projet et menacent de ne plus le financer.

Une trentaine de personnes tout sourire, dont trois jeunes femmes, bébé au bras, posent devant une magni­fique échoppe rénovée. Le 26 septembre 2025, la Maison de Marthe et Marie inaugure sa onzième « colo­ca­tion solidaire », un logement de 270 mètres carrés, dans la commune du Bouscat (Gironde), au nord de Bordeaux, gérée par le maire Patrick Bobet (Les Républicains, LR). Sur les réseaux sociaux, l’association, qui propose des héber­ge­ments à des mères et des femmes enceintes « vul­né­rables », affiche sa proximité avec la muni­ci­pa­li­té. À la découpe du ruban ce jour-là, Maël Fetouh, adjoint à la cohésion sociale. C’est « la première acqui­si­tion » foncière de l’association, achetée à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, une orga­ni­sa­tion de bien­fai­sance catho­lique. La Maison de Marthe et Marie est déjà active à Paris, Courbevoie et Garches, Lille, Rouen, Lyon, Marseille, Nantes et Strasbourg. Alors que les grandes villes pâtissent du manque d’hébergements d’urgence, elle réussit à faire valoir un projet « innovant » dans le domaine – sans men­tion­ner ses autres objectifs, dont celui de lutter contre l’avortement.

Un accueil sélectif

« Depuis notre création, 225 mamans ont été accom­pa­gnées dans nos colo­ca­tions », se réjouit sur son site internet l’association, qui affiche les prénoms des « 225 bébés des Maisons de Marthe et Marie ». Le principe du projet, lancé en 2010 : ras­sem­bler dans de mêmes logements des jeunes femmes volon­taires (étu­diantes ou actives) sou­hai­tant vivre « une aventure humaine extra­or­di­naire » avec des femmes enceintes ou de jeunes mères, « de la naissance jusqu’au 1 an de l’enfant », pour « recons­truire [leur] avenir » grâce aux pro­fes­sion­nelles de l’association. Le tout en échange d’un « loyer modéré » – 320 euros, par exemple, dans la colo­ca­tion de Rouen. Une condition qui exclut de fait les femmes en situation de grande précarité.

Car si, offi­ciel­le­ment, l’association accueille toute « femme enceinte en dif­fi­cul­té », et ce « sans dis­tinc­tion, notamment de natio­na­li­té, de langue, de religion, d’âge, de res­sources ou de situation sociale », d’autres res­tric­tions existent. (...)

Lire aussi :

 (Le Poulpe)
Rouen : derrière une colocation pour femmes enceintes, l’ombre de Stérin et du lobbying anti-IVG

Soutenue par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin par le biais des soirées caritatives du fonds de dotation "La Nuit du bien commun" qu’il a cofondé, la Maison de Marthe et Marie accueille des femmes enceintes dans le centre-ville de Rouen. Une « colocation solidaire » implantée en 2022 grâce à l’appui de personnalités catholiques traditionalistes opposées à l’avortement, et qui reçoit de l’argent public au niveau national.

L’élégante bâtisse se dresse derrière de hauts murs, dans une ruelle commerçante de l’hypercentre de Rouen. Aucun nom n’est affiché sur la boîte aux lettres. Aucun logo apparent. Dans le bar et les boutiques voisines de cet ancien presbytère, personne ne connaît ses occupants. Ou plutôt, ses occupantes : depuis septembre 2021, il accueille une antenne de « La Maison de Marthe et Marie », une association membre d’un réseau de « colocations solidaires », dont les adresses sont tenues secrètes, dans dix grandes villes de l’Hexagone, parmi lesquelles Paris, Marseille ou encore Bordeaux. Une colocation de luxe Le principe : des résidences où cohabitent des femmes enceintes – ou de jeunes mères – en situation de vulnérabilité (...)

 (Vert Eco)
« Stérin s’immisce dans tous les pans de la société » : à Paris, La Nuit du bien commun cofondée par le milliardaire chahutée

Stérin tolérable. Lors de son édition nationale à Paris ce jeudi, le gala caritatif controversé a récolté deux fois moins d’argent que l’an passé. Ce raout, cofondé par l’homme d’affaires ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin, s’est déroulé dans une ambiance électrique en raison d’une mobilisation citoyenne. Vert était sur place. (...)

Associations réactionnaires et anti-avortement

À quelques mètres de là, à l’angle du bâtiment, plusieurs centaines de personnes sont mobilisées pour s’opposer à la tenue de l’évènement et à son fondateur. Les couleurs d’une multitude d’organisations syndicales, politiques et écologistes se mélangent autour d’une grosse enceinte et d’une fanfare. Dounia, 38 ans, professeure documentaliste, est venue car elle se dit scandalisée qu’un événement lié « à un milliardaire d’extrême droite et qui finance des associations réactionnaires, anti-avortement » puisse avoir lieu « dans la plus grande officialité ».

De fait, des associations financées grâce au gala par le passé sont proches de la mouvance catholique intégriste et des milieux anti-IVG, comme l’ont cartographié le média Basta et le collectif de journalistes Hors Cadre. C’est le cas de La Maison de Marthe et Marie, qui propose des collocations pour femmes enceintes, ou du réseau d’associations Familya, dont la mission officielle est de « prévenir les ruptures conjugales pour protéger les enfants ». (...)

Sous pseudo, Marco, éducateur social de 32 ans et syndiqué à Solidaires, regrette qu’une partie des associations mises en avant par La Nuit du bien commun viennent du secteur dans lequel il travaille. « C’est une façade, [Pierre-Édouard Stérin] se vend en grand philanthrope et grand ami des personnes en difficulté, tout en finançant le Rassemblement national. On veut de l’argent, mais pas de gens qui ont un projet eugéniste. » Fin juillet, Mediapart a révélé que l’homme d’affaires avait déclaré que sa priorité en France était « d’avoir plus de bébés de souche européenne ». Officiellement, l’événement La Nuit du bien commun nie tout lien encore existant avec le milliardaire et se dit « fédérateur, aconfessionnel et apolitique ». Contacté, son service communication n’a pas répondu à nos questions.

« Le but, c’est que ces soirées n’aient pas lieu »
Le journal L’Humanité a révélé à l’été 2024 le plan d’influence politique (baptisé « Périclès ») du milliardaire catholique. Il veut investir 150 millions d’euros pour faire gagner ses idées et le Rassemblement national dès les prochaines élections municipales en mars 2026. Depuis, des mobilisations émergent partout où passe La Nuit du bien commun. Ce gala caritatif qui doit permettre de lever des fonds pour des associations présélectionnées est devenu aussi radioactif que le nom de son fondateur, qui s’est retiré du conseil d’administration en juin dernier.

Une première manifestation contre La Nuit du bien commun a eu lieu lors de la soirée du gala à Tours (Indre-et-Loire), le 6 mai dernier. Depuis, chaque ville où est passé l’événement a eu sa mobilisation. La soirée prévue à Marseille, le 6 octobre, a dû être délocalisée à Aix-en-Provence… avant d’être annulée le jour même à cause d’une grève des technicien·nes. Elle s’est tenue en visioconférence à la place. Comme à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 19 novembre.

« La mobilisation commence à bien fonctionner. Il y a pas mal d’endroits où des partenaires se désengagent, des assos renoncent à participer, explique Salomé Gadafi, secrétaire générale adjointe de la CGT Spectacles, ce jeudi. Le but, c’est que ces soirées n’aient pas lieu. » (...)

 (Sud-Ouest)
Vidéo. Nuit du bien commun à Bordeaux : opposants et participants se sont croisés sans se parler

Environ 200 personnes ont manifesté dans le calme, ce mercredi 10 décembre en soirée à Bordeaux, pour protester contre la tenue de la Nuit du bien commun soutenue par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. Cela n’a pas empêché de récolter 393 000 euros de dons

Drôle d’ambiance au palais de la Bourse de Bordeaux, au débouché du cours du Chapeau-Rouge, où se tenait, ce mercredi 10 décembre, le gala de la Nuit du bien commun. D’un côté, le silence de la file d’attente des participants, associations lauréates et entreprises mécènes, qui attendent de valider leur billet électronique.

Solliciter des soutiens privés dans un contexte de baisse générale des subventions publiques, au risque de perdre son âme : c’était le dilemme pour plusieurs associations ce mercredi soir au palais de la Bourse.