Le gouvernement grec a réagi jeudi à la condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour le décès d’un migrant mineur, mortellement touché par le tir d’un garde-côte grec, en 2015 en mer Égée. Athènes affirme que sa police maritime agit pour "protéger les frontières" et "sauver des vies humaines". Malgré tout, "des mesures appropriées seront prises" après l’évaluation de la décision de la CEDH, selon le porte-parole de l’exécutif.
(...) Selon le gouvernement grec, un garde-côte aurait accidentellement tiré un unique coup de feu et visé le pied d’un des passeurs pendant le contrôle du bateau par la garde côtière. Ameer Mokhlas, qui se trouvait dans la cale du bateau, aurait ensuite été retrouvé inconscient, sans doute après avoir été touché par la balle à travers le plancher du bateau.
Selon les requérants - les parents de garçon décédé - la version diffère : "L’agent incriminé ’a tiré deux fois, et non pas une fois, et […] Ameer Mokhlas n’a pas été ’retrouvé inconscient’, comme le soutient le gouvernement, mais […] il a été ’abattu’", peut-on lire dans l’arrêt. (...)
Dans sa décision, la Cour souligne qu’"avant de procéder aux tirs d’immobilisation et d’arrêter les skippers, les garde-côtes n’ont pas pris en compte l’éventualité qu’il y avait d’autres passagers à bord du yacht et qu’ils n’ont dès lors pas fait preuve de la vigilance requise pour s’assurer que tout risque pour la vie serait réduit au minimum".
"Violation partielle de l’article 2" de la Convention européenne des droits de l’Homme
La CEDH a donc estimé, à l’unanimité, qu’il y a eu violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme relatif à l’enquête, ainsi qu’au droit à la vie. Elle a condamné la Grèce à verser conjointement aux deux requérants 80 000 euros pour dommage moral. (...)
En réaction, les autorités grecques ont concédé jeudi que "sur le fond de l’affaire, il y avait eu une violation partielle de l’article 2 en ce qui concerne la planification de l’opération et non la nécessité de l’intervention elle-même". (...)
La violence des autorités grecques a été souvent pointée du doigt ces dernières années par les médias et les ONG. En août 2024, un homme de 29 ans originaire du Koweït avait été retrouvé mort après qu’un garde-côte grec a ouvert le feu sur un bateau transportant des migrants au large de l’île Symi. Une enquête avait été ouverte et le tireur avait été arrêté. (...)