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Kanaky : NON au dégel du corps électoral ! NON à la recolonisation !
#Kanaky
Article mis en ligne le 14 mai 2024

Ce lundi 13 mai, veille du vote à l’Assemblée nationale, les manifestations des indépendantistes contre le dégel du corps électorat se sont multipliées ; routes bloquées ou barrages filtrants, grève très suivie au port et aéroport de Nouméa, fermeture de nombreuses administrations, feux allumés à différentes endroits, début de mutinerie dans la prison de Nouméa, heurts entre jeunes kanak et forces de l’ordre dans les quartiers populaires, nombreux blessés et arrestations en masse.

C’est dans ce contexte insurrectionnel qu’aura lieu le vote à l’assemblée national ce 14 mai portant sur le dégel du corps électoral.

Pour tenter d’arrêter ce processus dangereux pour l’avenir du peuple kanak, les élus du congrès de Nouvelle Calédonie se sont réunis ce lundi 13 mai et sont parvenu à adopter, à la majorité, une résolution demandant le retrait de ce projet de loi sur le corps électoral.

Les élus rappellent à l’État qu’ils sont majoritairement conte ce projet de loi.

30 ans après l’Accord de Nouméa, ainsi que du transfert des compétences et leur rééquilibrage, les inégalités restent très importantes, le non-respect de la priorité à l’emploi local : dans beaucoup de secteurs, ce sont les métropolitains récemment arrivés en Nouvelle Calédonie, du fait de conditions attractives (niveau de salaire et indexation, avantages en termes de logement ou de soutien à l’installation), qui occupent des postes au détriment des travailleurs Kanak à compétences égales. Ainsi se perpétue une longue tradition de privilèges offerts aux Français partant travailler en Outre- mer.

Des conditions qui permettent de renforcer la colonie de peuplement qu’a toujours représenté pour l’État français ce territoire du Pacifique. Cela en violation totale du droit international. En effet, la Kanaky/Nouvelle-Calédonie reste un territoire non autonome au regard du droit international, à ce titre inscrit sur la liste des pays à décoloniser selon la résolution 15-14 des Nations Unies.

L’Accord de Nouméa est un accord de décolonisation. Il prévoyait 3 consultations référendaires d’autodétermination. Le deuxième référendum avait montré, en 2020, une poussée des voix indépendantistes : à seulement 9000 voix près, le « Oui » à la pleine souveraineté de la Nouvelle Calédonie était majoritaire. Les conditions du troisième et dernier référendum, fin 2021, sont aujourd’hui toujours contestées par l’ensemble des courants indépendantistes, lesquels avaient demandé suite à l’épidémie du Covid et au confinement qui empêchait toute campagne, le report de la consultation et le respect tant de la promesse d’Edouard Philippe de le tenir en 2022 quede la période de deuil kanak. Ce 3ème référendum n’est pas reconnu par les indépendantistes qui n’ont pas participé au vote. Une plainte est prévue à ce sujet auprès de la Cour Internationale de Justice.

Aujourd’hui, le gouvernement français a décidé de passer en force. Il présente unilatéralement deux projets de lois sur l’avenir institutionnel de la Kanaky/Nouvelle- Calédonie qui mettent en jeu l’avenir du peuple Kanak, et la stabilité du pays. Ils visent une sortie dans des conditions très contestées et non consensuelles de l’Accord de Nouméa, avec pour conséquence une aggravation considérable des clivages. (...)

Ces projets de lois renouent avec les pratiques éprouvées de mise en minorité du peuple Kanak dans son propre pays, au profit d’une droite locale qui voudrait par une modification des sièges au Congrès de Nouvelle-Calédonie y trouver une majorité en sa faveur. (...)

En réponse, en Kanaky/Nouvelle-Calédonie les mobilisations s’amplifient contre ces deux projets de lois. Plus de 80 000 personnes dans la rue le 13 avril dernier sur tout le territoire. (...)

Aujourd’hui la moindre étincelle peut embraser le pays.

La semaine du 4 mai 2024 jusqu’au 13 mai 2024, a été une semaine de mobilisations et d’actions continues de la CCAT. Débutée le 4 mai 2024 - pour l’anniversaire de la mort de Jean- Marie Tjibaou le 4 mai 1989, et l’anniversaire du massacre des 19 de la grotte d’Ouvéa le 5 mai 1988 - jusqu’à la présentation du texte à l’Assemblée nationale ce 13 mai 2024. Des rassemblements devant toutes les gendarmeries du pays le 5 mai 2024, des marches dans différentes villes tous les jours. De nombreuses mines sont déjà bloquées comme à Houailou, à Thio.

La mobilisation entre dans sa 3ème phase.

Ce 13 mai 2024 les deux fédérations USTKE, T.H.T (Transports aériens et terrestres, Hôtellerie) et Ports & Docks entrent en grève, suivie à 99 %. (...)

Le Pays, se mobilise partout, avec des barrages filtrants.

Un début de mutinerie a commencé à la prison du camp Est, trois gardiens ont été pris en otage, intervention du RAID.

Des jeunes ont affronté la police, les gendarmes mobiles, car ceux-là même ont tiré aux flash-ball sur les jeunes provocant leur colère.

Lire aussi :

 (France 24)
Nouvelle-Calédonie : nuit d’émeutes avant un vote sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée

Véhicules incendiés, magasins pillés, affrontements entre manifestants et forces de l’ordre... La Nouvelle-Calédonie a été le théâtre de violences d’une "grande intensité" lundi 13 mai au moment où, à Paris, les députés se penchent sur une révision constitutionnelle dénoncée par les indépendantistes de l’archipel.

"Nous appelons à la responsabilité de tous les Calédoniens, de nos responsables politiques, institutionnels, coutumiers, religieux, associatifs et familiaux. Nous leur demandons d’utiliser toutes les voies et les moyens à leur disposition pour ramener à la raison et au calme", a écrit le gouvernement local dans un communiqué. (...)

Les pompiers de Nouméa ont dit avoir reçu près de 1 500 appels dans la nuit de lundi à mardi et être intervenus sur environ 200 feux. Selon un regroupement patronal, une trentaine de commerces, d’usines et d’autres entreprises ont été incendiés.

De son côté, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a rapporté mardi "des tirs tendus avec des armes de gros calibre, des carabines de grande chasse, sur les gendarmes" lors des violences sur la commune du Mont-Dore, ainsi que de maisons brûlées à Nouméa. "On n’a pas de morts, il n’y a pas de blessés graves pour l’instant, il y aurait pu y en avoir", a déclaré Louis Le Franc en conférence de presse, en appelant lui-aussi au calme.

"Toute cause mérite d’être défendue politiquement, mais elle ne mérite pas de l’être en engageant des actions mortelles contre les gendarmes, contre les habitants, sur l’agglomération de Nouméa", a ajouté le haut-commissaire

Couvre-feu mardi (...)

Mardi, les rues de Nouméa et de sa banlieue sont parsemées de carcasses de voitures incendiées et de restes fumants de pneus et de palettes, selon un correspondant de l’AFP sur place. (...)

Même si la situation est plus calme mardi, de nombreuses barricades restent actives. Dans la banlieue nouméenne, un supermarché, forcé à la voiture-bélier pendant la nuit, continue d’être pillé par la population, a rapporté ce correspondant.

Un couvre-feu a été décrété de mardi 18 h (7 h GMT) à mercredi 6 h (19 h GMT mardi), a annoncé le représentant de l’État dans ce territoire. En outre, tout rassemblement est interdit dans le grand Nouméa, de même que le port d’armes et la vente d’alcool dans l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, indique le haut-commissariat qui invite les 270 000 habitants du territoire à rester chez eux.

Aéroport et établissements scolaires fermés (...)

Les émeutes ont éclaté lundi en marge d’une manifestation indépendantiste contre le texte examiné par les députés, qui vise à élargir le corps électoral pour les élections provinciales. Conformément à l’article 77 de la Constitution, le corps électoral de ce scrutin est en effet gelé : il se limite essentiellement aux électeurs inscrits sur les listes lors du référendum d’autodétermination de 1998 et à leurs descendants, excluant de facto les résidents arrivés après 1998 et de nombreux natifs.

Un électeur sur cinq est ainsi privé du droit de vote aux élections provinciales, cruciales dans ce territoire où les provinces exercent de nombreuses compétences transférées par l’État français.

Pour le ministre français de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin, qui a porté cette réforme constitutionnelle, cette disposition "n’est plus conforme aux principes de la démocratie" et "mène à l’absurde". (...)

Les émeutes ont éclaté lundi en marge d’une manifestation indépendantiste contre le texte examiné par les députés, qui vise à élargir le corps électoral pour les élections provinciales. Conformément à l’article 77 de la Constitution, le corps électoral de ce scrutin est en effet gelé : il se limite essentiellement aux électeurs inscrits sur les listes lors du référendum d’autodétermination de 1998 et à leurs descendants, excluant de facto les résidents arrivés après 1998 et de nombreux natifs.

Un électeur sur cinq est ainsi privé du droit de vote aux élections provinciales, cruciales dans ce territoire où les provinces exercent de nombreuses compétences transférées par l’État français.

Pour le ministre français de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin, qui a porté cette réforme constitutionnelle, cette disposition "n’est plus conforme aux principes de la démocratie" et "mène à l’absurde". (...)

Deux camps s’opposent : celui des non-indépendantistes, favorables à la réforme, et celui des indépendantistes qui y voient au contraire un passage en force de l’État pour "minoriser encore plus le peuple autochtone kanak", qui représentait 41,2 % de la population de l’île lors du recensement de 2019, contre 40,3 % dix ans plus tôt.

Au cours d’une séance tendue, Gérald Darmanin a appelé les députés à adopter sans modification la réforme, qui ouvre le scrutin provincial aux résidents installés depuis au moins dix ans sur l’île.

Alors qu’un vote solennel était normalement prévu mardi après-midi, les débats à l’Assemblée nationale n’ont pas pu être menés à leur terme dans la nuit, en raison d’un grand nombre d’amendements déposés notamment par le groupe Insoumis. Le nouveau calendrier sera acté mardi matin.

Après celle du Sénat, l’approbation de l’Assemblée est nécessaire pour faire cheminer ce texte, avant de réunir le Parlement en Congrès pour réviser la Constitution, à une date qui reste à fixer. (...)