
Gaza : terrain d’expérimentation de l’horreur dystopique
« Des ‘drones snipers’ tirent sur des cibles autour des hôpitaux de Gaza, selon un médecin britannique ». C’est le titre d’un article paru dans le journal anglais The Telegraph, le 13 novembre. Comme d’habitude, la presse étrangère mène un vrai travail d’information sur l’attaque de Gaza, pendant que les médias français relaient les éléments de langage de l’armée israélienne.
Ces révélations font froid dans le dos. Plusieurs témoignages d’habitants ou de soignants à Gaza évoquent des drones « volant à basse altitude et capables de tirer à balles réelles » dans l’enclave palestinienne. Les médecins rapportent qu’ils ont traité de nombreux « patients touchés au torse ou au cou par des drones israéliens quadcopter volant à basse altitude ». Le docteur Fadel Naïm évoque « des blessures directes causées par des drones ciblant des individus ». Ces petits drones tueurs sont quasiment indétectables et imprévisibles. C’est une mort venue du ciel, terrifiante.
L’information est peu connue, mais en plus d’être un État colonial sanguinaire, Israël est une référence mondiale en terme d’innovations militaires. Ce pays met les grands moyens pour trouver des façons toujours plus sophistiquées de tuer et terroriser les palestiniens. Moyens qui sont directement appliqués sur des humains puisque les campagnes militaires menées par ce pays sont permanentes, ce qui intéresse beaucoup les autres États. En effet, les guerres israéliennes sont des zones de « test » pour les inventions israéliennes, et de nombreuses entreprises occidentales s’en inspirent. Ceci explique en partie le soutien inconditionnel des pays occidentaux à Israël. (...)
La firme Smart Shooter a créé un drone baptisé Smash Dragon, qui serait « capable d’ajuster, de suivre et de toucher une cible dans un environnement inconnu – que celle-ci soit statique ou dynamique, de jour comme de nuit ». Le fondateur et PDG de l’entreprise se vante : « C’est comme si nous inventions le smartphone pour le monde militaire ».
Smart Shooter a des contrats importants avec les forces d’occupation israéliennes, le ministère américain de la Défense, le corps des Marines américain, l’armée néerlandaise, la marine indienne, l’armée allemande et l’OTAN.
Smart Shooter a déjà produit des LBD automatisés. (...)
Ce qui se passe à Gaza est un laboratoire de l’ultra-violence coloniale et concerne l’humanité entière. Les LBD automatiques et les drones tueurs ne sont plus des inventions lointaines et inquiétantes de science fiction, mais d’ors et déjà utilisés sur des humains.
Ce commerce de la mort est aussi un commerce de la lâcheté absolue : gazer, mutiler, tuer à distance, par ordinateur, sans prendre aucun risque. Sans même être présent. Pendant qu’une population colonisée, désarmée et affamée est traitée de « terroriste » alors qu’elle tente de survivre avec des moyens dérisoires. La dysmétrie absolue.