Après avoir réprimé dans le sang plus de 30 000 manifestants, selon les défenseurs des droits, le régime de la République islamique s’en prend aujourd’hui aux détenus et à leurs familles. Face au risque d’exécutions de masse, les ONG alertent et la population iranienne retient son souffle.
Suite à la répression sans précédent des manifestations qui auraient déjà fait plus de 30 000 morts en deux jours selon le décompte d’un réseau de médecins iraniens, la République islamique a initié une véritable chasse aux sorcières. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) compte ainsi plus de 50 000 arrestations dont des perquisitions au domicile des manifestants. Certains d’entre eux sont forcés à faire des aveux diffusés à la TV nationale d’État. C’est le cas par exemple de Shayan Shekibaei, 29 ans, arrêté à Kerman, dans le sud est de l’Iran, le 7 janvier 2026 et accusé d’être un meneurs des protestations. Ou encore celui d’Abolfazl Salehi, 20 ans, accusé d’avoir mis le feu à un poste de police de la ville de Mashhad dans le nord-est du pays pendant les manifestations. (...)
Au 30 janvier 2026, HRANA comptabilisait 289 cas de confessions forcées. Hengaw et Amnesty international s’inquiètent du risque de procès iniques et des lourdes peines, notamment la peine de mort, qu’encourent tout particulièrement ces détenus.
316 exécutions en janvier 2026
Le régime ne cache pas sa volonté de réprimer le mouvement de contestation. Ali Saheli, procureur de Téhéran, a ainsi affirmé que la réponse du pouvoir judiciaire aux manifestants serait « décisive, dissuasive et rapide ». (...)
En attendant, sur les réseaux sociaux ce mercredi 4 février, les voix s’élèvent pour alerter du sort d’Amirhossein Ghaderzadeh, 19 ans, arrêté à Rasht (nord de l’Iran) et condamné à mort pour « trahison » et sur celui de Massoud Babaei à Shirvan (nord-est de l’Iran) accusé lui aussi d’être un des « leaders » des protestations. Et chaque jour, la population iranienne, elle, retient son souffle.