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Marie-Claude Saliceti
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Bon Pote
Hantavirus : qui aurait pu prédire ?
#sante #epidemies #hantavirus
Article mis en ligne le 15 mai 2026
dernière modification le 12 mai 2026

Depuis qu’un foyer d’infections à hantavirus (de l’espèce Andes) a été identifié sur le bateau de croisière MV Hondius, et fait trois morts au mois d’avril, le cauchemar du Covid-19 refait surface. L’histoire a des airs de déjà-vu : l’emballement médiatique grandit de jour en jour, certains spécialistes interrogés estimant que “l’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola” (Le Parisien) ou encore qu’il aurait mieux valu “confiner [les passagers] sur le bateau” plutôt que de les rapatrier (BFMTV).

Ce qui est incroyable, pour ne pas dire irresponsable, c’est que les leçons de la pandémie de Covid, qui a causé plus de 7 millions de morts, n’ont pas été retenues. Face au hantavirus, de nombreux médias évitent soigneusement l’éléphant dans la pièce, ou plutôt les éléphants : l’élevage intensif, la déforestation, l’artificialisation des sols ou encore l’extractivisme, qui amplifient le risque d’épidémies zoonotiques (maladies infectieuses transmissibles de l’animal à l’homme). Car si les causes de ce foyer d’hantavirus restent pour l’heure inconnues, une chose est certaine : la dégradation des écosystèmes et le changement climatique favorisent l’émergence de ce type de zoonoses.

Un impensé médiatique qui peine à penser le long terme, à savoir que si rien n’est fait pour arrêter les destructions écologiques et restaurer la biodiversité, l’épisode actuel de hantavirus sera amené à se répéter, encore et encore.

Une maladie transmise par les rongeurs (...)

Comment l’effondrement de la biodiversité favorise les zoonoses comme les hantavirus (...)

Climat et biodiversité, même combat

Comme si l’effondrement de la biodiversité ne suffisait pas, “le changement climatique a également été impliqué dans l’augmentation de l’incidence des hantavirus en Europe occidentale et en Amérique du Sud”, lit-on dans le rapport de l’IPBES. (...)

Pour réduire le risque de futures épidémies de zoonoses, pas de miracle : il faut de toute urgence “préserver, protéger et restaurer les habitats sauvages”, investir dans l’agriculture agroécologique et mettre fin au commerce illégal d’animaux, rappelle le GIEC.
Politiser les zoonoses

Le foyer de hantavirus dont tout le monde parle en ce moment n’est pas tombé du ciel. Face aux risques d’épidémies zoonotiques, il est plus que jamais vital de pointer du doigt leurs causes profondes. Non pas en se contentant de s’apitoyer en des termes vagues sur les destructions écologiques, mais en remettant en question les pratiques au cœur du problème : la déforestation, l’artificialisation des sols, l’extractivisme ou encore l’élevage intensif (que l’intégralité des partis du centre, de la droite et de l’extrême droite en France défendent becs et ongles, comme nous l’avons récemment analysé sur Bon Pote). (...)

Si nous continuons à malmener le monde sauvage, le Covid-19, Zika, Ebola et désormais le hantavirus ne seront que le début d’une longue série d’épidémies aux conséquences plus ou moins dramatiques, rendant notre planète toujours plus difficilement habitable. (...)


crédit image : See page for author, Public domain, via Wikimedia Commons