L’étendue de la catastrophe causée par le binôme israélo-américain, armé de la plus redoutable des puissances militaires, est incommensurable. Il n’y a plus de salut possible, à l’échelle de la planète, en dehors d’un vaste mouvement de dissidence, en rupture avec la logique mortifère, messianique et mégalomane des Nétanyahou, Trump, Khamenei. Ce ne sont pas seulement les pouvoirs mais tous les citoyens, qui sont appelés, un par un, à dire non aux fanatismes.
Tandis que pleuvent les missiles de Tsahal sur le Liban, le ministre israélien de la défense, Israel Katz a annoncé le 13 mars 2026 que le pays paiera de plus en plus cher le prix de son retard pour désarmer le Hezbollah avec « des pertes territoriales et des dommages à ses infrastructures. »
« Des pertes territoriales » : quel pudique euphémisme pour désigner une annexion. « Dommages » : quel mot délicat pour couvrir le largage de glyphosate et de phosphore blanc sur le Sud Liban (...)
Pendant que son armée achève sa mainmise sur Gaza et l’étend brutalement, jour après jour, sur la Cisjordanie, pendant qu’elle occupe le Golan et en revendique la possession, pendant qu’elle règne sur tout le versant syrien du Mont Hermon, pendant que des ministres du gouvernement israélien assistés de plus d’un porte-parole du gouvernement américain nous apprennent que le Grand Israël est un projet raisonnable, nous voilà sommés de comprendre qu’à moins de saigner le pays jusqu’à l’os, le Sud Liban fait partie de leur propriété. Qui ignore que l’armée libanaise n’a pas l’équipement nécessaire, loin de là, pour affronter la force armée du Hezbollah, pour la désarmer sans risquer la guerre civile ? (...)
L’étendue de la catastrophe causée par le binôme israélo-américain, armé de la plus redoutable des puissances militaires, est incommensurable. Il n’y a plus de salut possible, à l’échelle de la planète, en dehors d’un vaste mouvement de dissidence, en rupture avec la logique mortifère, messianique et mégalomane des Nétanyahou, Trump, Khamenei. Ce ne sont pas seulement les pouvoirs mais tous les citoyens, qui sont appelés, un par un, à dire non aux fanatismes. (...)
On ne dira jamais assez à quel point les accords dits de paix dans cette partie du monde auront été infestés d’approximations, de non-dits, de formulations douteuses, de sous-entendus. Les « cessez-le-feu », n’en parlons pas. (...)
L’actuelle pression exercée par Israël et les États-Unis sur le gouvernement libanais pour qu’il entreprenne le « désarmement » du Hezbollah équivaut à un « Suicidez-vous si vous ne voulez pas que je vous flingue. »
Autrement dit : Fini le Liban pluri-communautaire. Fragmentez le territoire. À nous le Sud.
Le couple israélo-américain, incarné par Trump et Nétanyahou, est atteint d’une pathologie mentale qui en temps à peu près normal, l’aurait traduit devant un tribunal international et mis hors d’état de nuire. Mais nous ne sommes pas en temps à peu près normal. Et l’étendue des dommages causés par ce binôme armé de la plus redoutable des puissances militaires est déjà incommensurable. (...)
comment et pourquoi l’Union Européenne se laisse-t-elle humilier, déposséder de ses principes par l’infernal duo Trump-Netanyahou ? Pour des raisons de dépendance économique ? Ce point se défend certes à court terme. Mais à long terme ? Si les pays européens ne se préparent pas à payer de leur confort le prix de leur raison d’être, ils finiront atomisés, aplatis, défaits. Il ne suffit pas d’honorer les résistants de la Seconde Guerre mondiale aux portes du Panthéon, encore faut-il se souvenir de l’écrasante majorité de ceux qui ont courbé l’échine et les ont boudés de leur vivant. Encore faut-il craindre d’en reproduire la lâcheté. Résister est une décision coûteuse. Une disposition à beaucoup perdre le moment venu de perdre l’essentiel.
Il n’y a plus de salut possible, à l’échelle de la planète, en dehors d’un vaste mouvement de dissidence. Que l’on soit juif, musulman ou chrétien, bouddhiste ou athée, américain, européen, ou arabe, il n’est plus d’horizon possible dans le monde actuel qui ne soit en rupture avec la logique mortifère, messianique, mégalomane, des Nétanyahou, Trump, Khamenei et compagnie.
Ce ne sont pas seulement les pouvoirs mais tous les citoyens, qui sont appelés, un par un, à se réveiller, à payer le prix de l’avenir, à dire non aux fanatismes des uns et des autres, à tourner le dos sans flancher. La dissidence, c’est l’attitude qui consiste à prendre du recul d’avec son identité de naissance, à quitter la tribu au nom de valeurs universelles, à rompre avec la dictature de l’argent et des armes, telle est la seule option compatible avec le sauvetage de la planète. Si l’avenir du vivant a encore des chances, il se joue dans cette marge. Cette marge devant se comprendre comme la formation d’une vague susceptible de se hisser un jour au-dessus de l’actuel torrent de boue.