Coup de froid diplomatique en cette fin de semaine entre Israël et l’administration Trump. Benyamin Netanyahu rejette officiellement la composition du nouveau « comité exécutif » chargé de gérer Gaza, affirmant avoir été mis devant le fait accompli.
Officiellement, c’est une fin de non-recevoir. Le bureau du Premier ministre affirme que l’annonce américaine n’a pas été coordonnée avec Israël et qu’elle contredit sa politique. Benjamin Netanyahu a même chargé son chef de la diplomatie, Gideon Sa’ar, de demander des comptes à Washington, rapporte notre correspondant à Jerusalem, Michel Paul.
La Turquie et le Qatar, pierres d’achoppemment
Sans remettre en cause l’ensemble de l’architecture du Conseil de paix annoncé vendredi 16 janvier par le président américain, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu s’en est pris au choix des membres d’une de ses subdivisions : le comité exécutif de Gaza qui, selon la Maison Blanche, aura pour mission d’assister le comité technocratique palestinien de 15 membres devant assurer l’administration provisoire du territoire et a commencé ses travaux jeudi au Caire. (...)
Une vraie fâcherie ou un coup de bluff ?
Pourtant, ce psychodrame pourrait bien n’être que du théâtre, rapporte encore Michel Paul. Une source proche du dossier, citée par le quotidien de gauche Haaretz, assure que Netanyahu a en réalité validé cette composition en coulisses. Cette protestation publique ne servirait donc qu’à soigner son image auprès de sa base électorale, alors que le plan américain se met en marche, avec ou sans son aval officiel.
Car la polémique avec les États-Unis, survient alors que le Conseil de paix de Donald Trump commence lui à prendre forme, avec la confirmation samedi des noms de plusieurs chefs d’État ou de gouvernement appelés à y siéger. (...)
Après avoir reçu une invitation, le président argentin Javier Milei a déclaré que ce serait un « honneur » d’y siéger. Le dirigeant canadien Mark Carney aurait également l’intention d’y participer, selon un de ses conseillers. La communication du président turc s’est contentée de dire que Recep Tayyip Erdogan avait reçu l’invitation et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi « étudie la question », selon son chef de la diplomatie.
Ces dirigeants sont invités à rejoindre le secrétaire d’État Marco Rubio, qui multiplie les casquettes au sein du gouvernement Trump, et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a déjà joué les médiateurs au Moyen-Orient. (...)
Donald Trump a aussi placé de nombreux proches, dont son émissaire Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, homme d’affaires et médiateur officieux dans cet organe. Le président de la Banque mondiale Ajay Banga y figure aussi.
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