Pour lutter contre la fast fashion et le Black Friday, le Relais Est lance une opération de sensibilisation, jeudi 27 novembre. Le principal collecteur de textiles usagés en Alsace s’allie avec l’artiste alsacien Pierre Fraenkel pour dénoncer les modes de consommations néfastes de l’industrie de la mode.
Hasard du calendrier, cette année, la Semaine européenne de la réduction des déchets coïncide avec celle du Black Friday. C’est peut-être cocasse, mais c’est aussi l’occasion de faire le lien entre surconsommation de masse et augmentation de la pollution et des déchets textiles. Le Relais Est, qui collecte, tri et revalorise les textiles de seconde main en Alsace et France Comte, tire la sonnette d’alarme.
Ces dernières années, avec l’arrivée sur le marché de marque d’ultra fast fashion, le Relais Est observe une augmentation de la quantité de textiles à revaloriser. Pour dénoncer cette surconsommation, l’organisme collabore avec l’artiste alsacien Pierre Fraenkel et lance, jeudi 27 novembre, une campagne de sensibilisation.
De l’art et de la provocation
Pour réveiller les consciences, la coopérative a fait appel à un artiste mulhousien bien connu pour ses slogans coups de poing, Pierre Fraenkel. Avec une collection capsule de T-shirts floqués " Fuck Fast Fashion, Feukof !"
En tout, ce sont six slogans différents qui ont été floqués sur des T-shirts de seconde main. Le flocage est réalisé par une entreprise d’insertion locale pour rester dans un cercle vertueux jusqu’au bout. C’est près de 200 tee-shirts qui vont être vendus pour les fêtes dans deux boutiques de créateurs à Mulhouse et Strasbourg. (...)
La fast Fashion contre la seconde main
En 2024, le Relais Est a récolté 8 100 tonnes de déchets textiles. Ce sont presque 1 000 tonnes de plus que l’année précédente. L’organisme recense de plus en plus de vêtement issu de la fast fashion et de l’ultra Fast fashion. (...)
Mais cette augmentation de déchets textiles ne permet pas une plus grande revalorisation, au contraire. La mauvaise qualité des vêtements empêche souvent de pouvoir les revendre en boutique. (...)
Ces textiles de mauvaise qualité finissent la plupart du temps par être brûlé et revaloriser pour produire de l’énergie, mais ils ne participent pas au bon fonctionnement du modèle économique du Relais Est. Certains vêtements arrivent encore neufs et peuvent être revendu en boutique, même si ça va à l’encontre du projet de la coopérative. Floriane Kling est catégorique, "notre action aujourd’hui, c’est pour dire stop à la fast fashion et sensibiliser le public à consommer différemment".