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Marie-Claude Saliceti
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France : la longue attente des demandeurs d’asile soudanais de Ouistreham, pris au piège du règlement de Dublin
#France #Migrants #immigration #Soudan #Dublin #Italie #UE
Article mis en ligne le 7 juin 2024

Lors de la campagne pour les élections européennes, les débats en France se sont essentiellement portés sur les questions migratoires. À cette occasion, RFI vous propose un reportage avec des exilés soudanais à Ouistreham, qui attendent la requalification de leur statut de "dubliné" pour pouvoir commencer leur procédure de leur demande d’asile en France.

(...) depuis décembre 2022, le gouvernement de Giorgia Meloni refuse systématiquement le retour de ces étrangers sur son sol. Si la procédure est si longue pour Moussab et ses camarades, c’est que la France continue malgré tout d’adresser des demandes de transfert à Rome et d’attendre les réponses qui sont pourtant toujours négatives. "Donc, on se retrouve avec des personnes qui attendent jusqu’à huit mois, neuf dans le cas de Moussab. Le camp, en plus d’être une zone d’attente, est une zone de transit et une zone d’habitat pour certains", détaille-t-elle.

Un peu plus loin, toujours le long du canal, Moussab nous fait découvrir un ensemble de petites tentes cachées dans les buissons. Il partage une cabane faite de planches de bois avec un autre soudanais. "La situation est vraiment dure ici, dit-il avec gravité. Il y a des gens qui sont là depuis six mois, sept mois, huit mois... La situation est tellement dure que certains décident de partir en Angleterre. C’est très dangereux, mais il y a quand même plein de gens qui essayent par n’importe quel moyen. Mais moi, j’ai envie de rester ici, pas d’aller en Angleterre."

Les associations se battent depuis des mois pour que la France accepte d’examiner les demandes d’asile des "dublinés" venant d’Italie dès leur arrivée. En vain, pour l’instant. Pourtant, "la Cour nationale du droit d’asile a reconnu que le Soudan était une zone dans laquelle il se passait des choses extrêmement grave, explique Nathalie Marie, une autre bénévole à la Cimade. Ce qui est d’autant plus rageant de les faire poireauter alors qu’on sait très bien que, in-fine, ils auront l’asile ici". (...)