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RFI
France : 500 manifestants à Paris pour l’abolition de la prostitution, dix ans après la loi de 2016
#prostitution
Article mis en ligne le 13 avril 2026

Près de 500 personnes ont manifesté dimanche à Paris pour l’abolition totale de la prostitution en France et dans le monde, dix ans après l’adoption d’une loi-cadre visant à lutter contre ce phénomène dans l’Hexagone.

Lors d’une petite cérémonie devant le Panthéon, les organisateurs ont fait témoigner des femmes sorties de la prostitution, originaires de 14 pays, se présentant comme des « survivantes », venues à Paris pour vanter la loi française et réclamer sa généralisation dans le monde.

« La réalité de la prostitution, ce n’est aucunement le libre choix des femmes, c’est le résultat de la pauvreté, de l’isolement et de la discrimination sociale », a témoigné au micro l’une d’elles, coréenne.

Avec la loi de 2016, qui pénalise les clients, « la France est devenue le fer de lance de l’abolition de la prostitution », a expliqué Céline Thiebault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne et présidente du groupe d’étude sur la prostitution à l’Assemblée.

« Mais le volet prévention reste très peu développé », alors même que la prostitution de mineures se développe, a-t-elle ajouté. Les recruteurs utilisent notamment les réseaux sociaux pour recruter des adolescentes, expliquant que la prostitution « est un travail comme un autre » ou qu’elles « ont la liberté de leur corps », a-t-elle regretté.

Dans le cortège, à l’appel de 80 organismes, dont le Mouvement du Nid, la fondation Scelles et le Collectif national pour les droits des femmes, les manifestants arboraient de multiples pancartes comme « la prostitution est violence », « client homme normal comme Pelicot » ou « la prostitution n’est pas un job étudiant, c’est une violence ». (...)

En parallèle, le Strass, le syndicat du travail sexuel, organisait dimanche après-midi des « réflexions et débats » à Paris pour « travailler à une offre politique alternative ». Il dénonce à l’inverse « le bilan catastrophique » de la loi de 2016, notamment « en termes de précarisation » et « d’insécurité » pour les travailleuses et travailleurs du sexe. Ce syndicat ainsi que d’autres associations réglementaristes prônent un encadrement de la prostitution, plutôt que son interdiction.

Lire aussi :

 (AlterMidi)[
Haute-Garonne. Lutte contre la prostitution des mineurs->https://altermidi.org/news/haute-garonne-lutte-contre-la-prostitution-des-mineurs

Le Département vote un plan d’actions pour apporter une réponse forte et coordonnée

Le Conseil départemental, chef de file de la Protection de l’enfance, engage une nouvelle étape pour lutter, avec l’ensemble des acteurs concernés, contre l’exploitation sexuelle des mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Ce phénomène, en progression et de plus en plus structuré, n’épargne pas la Haute-Garonne et appelle des réponses claires et coordonnées.

En ce sens, les élus départementaux ont adopté début avril, en session, le Plan départemental de lutte contre l’exploitation sexuelles des mineurs, qui fixe des objectifs opérationnels pour mieux prévenir, repérer, protéger et accompagner les mineurs, leurs familles et les professionnels. (...)

Ce plan prévoit la mise en place d’un partenariat renforcé avec les acteurs du milieu éducatif, social, médico-social, sanitaire, les forces de l’ordre et la justice pour mieux repérer et suivre les situations individuelles des mineurs en danger sur le territoire.

Il prévoit notamment :

  • d’organiser l’hébergement des mineurs victimes avec la création d’un nouveau lieu d’accueil et de mise à l’abri ;
  • de faciliter l’accès aux soins ;
  • de permettre le retour vers la scolarité et la formation ;
  • et de proposer un accompagnement des familles avec la mise en place de groupes de parole.

Ce plan prévoit également de renforcer la formation des professionnels de la protection de l’enfance confrontés à ces situations, avec la diffusion d’un guide spécifique pour mieux prévenir, repérer les premiers signaux de risque, accompagner les victimes et signaler à la justice.


image : Jeanne Menjoulet from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons