Plaidoiries et réquisitions se sont succédé au procès en appel des "vendanges de la honte", à Reims (Marne), le 21 janvier. En 2023, 57 travailleurs étrangers, la plupart en situation irrégulière, avaient été logés dans des conditions indignes pendant les vendanges. L’an dernier, les mis en cause avaient été condamnés. Décision le 4 mars.
Trois personnes et deux sociétés sont jugées en appel les 21 et 22 janvier pour les délits de "traite d’êtres humains", "conditions d’hébergement indignes", "travail dissimulé", "emploi de salariés sans titre de travail" et "rétribution inexistante ou insuffisante". Lors de l’audience de première instance, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne (Marne) a déclaré coupable tous les prévenus de l’ensemble des faits reprochés. Pas moins de 57 travailleurs étrangers, pour la plupart en situation irrégulière, se sont constitués parties civiles - 36 sont encore présents pour ce second procès. (...)
C’est un système organisé, par gens compétents ou pas mais qui doivent chacun en porter la responsabilité, s’avance un premier avocat. Oui, il manque ici des responsables : les donneurs d’ordre des donneurs d’ordre - les grandes maisons de champagne, par exemple." Puis l’avocat de la Ligue des Droits de l’Homme tonne : "Nous sommes dans l’esclavage des temps modernes. Tout cela était pour gagner de l’argent. L’ensemble de l’écosystème du Champagne doit s’interroger." (...)
L’avocate générale, elle, requiert la confirmation des peines prononcées en première instance - quatre ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de la gérante d’Anavim, trois ans de prison dont deux avec sursis pour le premier recruteur, deux ans de prison dont un avec sursis pour le second. Avant cela, la magistrate développe : "On parle de bidonville, c’était un système très organisé. (Les parties civiles) ont vécu un calvaire et étaient sous emprise. Votre arrêt est très attendu, Madame la présidente, car il faut que ces traites d’êtres humains cessent."