(...) Un chiffre en baisse de 34 % par rapport à 2024, lié, selon les associations aux interceptions des migrants avant leur arrivée aux frontières de l’UE - comme par exemple les arrestations d’exilés en mer Méditerranée par les gardes-côtes libyens.
"Ils nous ont jetés dans le fleuve à trois heures du matin. Il y avait des enfants avec nous d’une dizaine d’années. Je les ai vus jetés dans le fleuve, blessés et déjà transis de froid". Ce témoignage est celui d’un Egyptien de 21 ans qui raconte son "pushback" - un refoulement à la frontière sans laisser à la personne concernée la possibilité de demander l’asile - et celui des 39 membres de son groupe, dont 12 mineurs, à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, sur la route des Balkans.
Il est issu du rapport d’une coalition d’organisations européennes qui, chaque année, documente l’ampleur des refoulements opérés aux frontières extérieures de l’Union européenne (UE). Selon ce document, en 2025, au moins 80 865 refoulements ont eu lieu aux frontières extérieures de l’Union européenne. (...)
Une baisse liée à l’externalisation et la gestion des migrations (...)
Devant entrée en vigueur en juin 2026, ce Pacte asile et migration prévoit en effet de nombreuses mesures pour durcir la politique migratoire et externaliser les demandes d’asile.
Il propose notamment la possibilité pour les pays de l’UE d’ouvrir des centres de retour – appelés "hubs de retour" – dans des pays hors des frontières de l’UE où seraient envoyés les migrants déboutés de l’asile. Ou encore le renvoi des demandeurs d’asile vers des pays tiers "sûrs" mais avec lesquels le demandeur n’a aucun lien.
"Poursuivre le dialogue avec les autorités libyennes" (...)
Les refoulements, "une pratique courante dans les États membres"
Malgré la baisse des pushbacks en un an, les ONG restent sur le qui-vive. "Les refoulements aux frontières extérieures de l’Europe sont devenus une pratique courante dans les États membres de l’Union européenne (UE)". Et "la constance de ces pratiques indique qu’elles sont devenues une composante systématique de la politique migratoire de l’UE". (...)
Ces méthodes de refoulement systématique aux frontières sont pourtant illégales au regard du droit international. (...)
Selon le document, la majorité des refoulements ont lieu aux frontières terrestres de l’Union européenne, en particulier sur la route des Balkans. (...)
"Le but est de faire peur aux gens" (...)
la Commission européenne rappelle "qu’il appartient aux États membres de gérer et de protéger leurs frontières extérieures" et donc "qu’il incombe aux États membres d’enquêter sur toute allégation d’irrégularités" à leurs frontières.