Les conditions de détention à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), reconfigurée depuis trois semaines en établissement hypersécurisé, sont-elles excessives ? Au moins partiellement si l’on en croit une ordonnance rendue ce lundi 18 août par une juge des libertés et de la détention de Lille (Nord). Dans ce document dont nous avons pris connaissance, la magistrate estime qu’en imposant l’allumage systématique de la lumière dans sa cellule toutes les deux heures, le détenu requérant fait l’objet de conditions de détention « contraires à la dignité de la personne humaine ». La juge intime à l’administration pénitentiaire de mettre fin à cette situation sous dix jours. Sollicité, le parquet de Lille nous a indiqué qu’il avait fait appel de cette ordonnance, ce qui suspend son exécution.
Destinée à accueillir en priorité des narcotrafiquants dans le but de les isoler au maximum de l’extérieur, la prison de Vendin-le-Vieil héberge à ce jour 88 détenus — le ministre de la Justice Gérald Darmanin a communiqué à chaque nouveau transfèrement — dans des conditions dérogatoires au droit commun, fixées par un décret faisant suite à la loi narcotrafic. (...)