Alors que l’humanité subit une pandémie exceptionnelle par sa gravité et son ampleur, alors que des milliers de personnes en meurent tous les jours, et qu’il est demandé aux autres de vivre confinées chez elles, les préfets bretons viennent d’accorder l’épandage de pesticides toujours plus près des habitations.
Ils réduisent les distances déjà dérisoires de 5 m pour les cultures basses et 10 m pour les cultures hautes à 3 m pour les premières et 5 m pour les secondes. Ainsi, au moment même où les populations rurales sont confinées chez elles 24 h sur 24 pour échapper à la contagion du coronavirus, ils les exposent davantage à des molécules chimiques dont le danger est avéré même s’il est nié encore par des syndicats agricoles. Comment comprendre que les préfets combattent un danger sanitaire grave par tous les moyens et que par ailleurs ils donnent des moyens supplémentaires à ceux qui exposent la population à un autre danger, certes d’une autre nature, mais à terme porteur de cancers ? Ils ont choisi la peste plutôt que le choléra. Nous leur répondons que nous ne voulons ni les pesticides, ni le coronavirus ! D’autant plus que ces pesticides s’ajoutent déjà aux épandages agricoles qui diffusent dans l’air des particules fines affectant les poumons des êtres vivants, affaiblissant les défenses naturelles, facilitent ainsi l’entrée d’agents pathogènes, bactéries et virus comme aujourd’hui le coronavirus.
Par cette décision les plus hauts représentants de l’Etat en Bretagne avec votre aval démontrent aussi que pandémie ou pas, rien n’a changé. Les lobbies économiques pèsent lourdement sur les décisions publiques même en ces périodes tragiques qui leur doivent beaucoup. Alors que nous étions en droit d’attendre l’interdiction des pesticides de synthèse sans dérogation possible dans un délai de quatre ans avec un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs, vous et les préfets bretons, renforcez l’usage inconsidéré de ces molécules toxiques. Cette mesure ne s’inscrit-elle pas dans la droite ligne de la fermeture en 2018 d’une unité de fabrication de masques à Plaintel, dans l’indifférence des pouvoirs publics dont vous êtes un des représentants majeurs en Bretagne ? Comme toujours la même politique imprévoyante et irresponsable, côté pile soutien actif à un lobby, côté face désintérêt pour un enjeu de santé publique. Dans ces conditions, comment ne pas craindre alors que l’après pandémie ressemble à l’avant pandémie ? Pour mieux préparer la prochaine ?
C’est pourquoi, Madame la Préfète, nous vous demandons de signifier à Messieurs les Préfets de Bretagne de retirer dans les meilleurs délais cet arrêté et d’en prendre un autre qui éloignerait à 150 m au moins les distances d’épandage des habitations plutôt que de les rapprocher.