Le marketing de la malbouffe dénoncé par Santé publique France : une raison de plus pour l’interdire, selon foodwatch
Dans son rapport « Exposition des enfants et des adolescents à la publicité pour des produits gras, sucrés, salés » publié aujourd’hui, Santé Publique France n’y va pas avec le dos de la cuillère et insiste sur le rôle du marketing alimentaire dans l’épidémie d’obésité mondiale. Santé Publique France va plus loin et insiste sur le besoin d’une règlementation plus protectrice. Le constat de l’étude est sans appel : les engagements volontaires des entreprises sont inefficaces. Ces conclusions sont à l’opposé du discours du Gouvernement qui bloque depuis trois ans toute réglementation visant à protéger les enfants du marketing de la malbouffe en prétendant qu’il suffit de « responsabiliser les entreprises ». foodwatch appelle les parlementaires et l’exécutif à se ressaisir et à interdire la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés qui cible les enfants, reprenant ainsi également l’une des demandes de la convention citoyenne pour le climat.
« La nouvelle étude de Santé publique France vient s’ajouter à la voix de nombreuses associations mais aussi de l’OMS, l’Unicef, du Haut Conseil de santé publique, de l’Inspection générale des affaires sociales, de la Cour des comptes, des 150 citoyens de la convention citoyenne sur le climat qui appellent aussi à interdire la publicité sur ces produits déséquilibrés ainsi que des 28 000 citoyens qui ont déjà signé la pétition lancée par foodwatch pour encadrer le marketing de la malbouffe qui cible les enfants », souligne Camille Dorioz qui réclame que le gouvernement se retrousse enfin les manches.
Covid et obésité : une épidémie peut en cacher une autre
Si les causes de l’obésité sont multifactorielles, Santé publique France fait le même constat que l’Organisation mondiale de la Santé et met les points sur les i dès la première page de son étude : « Le marketing alimentaire, en particulier celui des produits à faible intérêt nutritionnel et à haute densité énergétique, fait partie de l’environnement obésogénique qui est à l’origine de l’épidémie d’obésité observée au niveau mondial chez les adultes et les jeunes ».
La crise du Covid-19 ne nous a que trop rappelé la précarité sanitaire dans laquelle la pandémie silencieuse du surpoids et de l’obésité met nos sociétés. Le Haut Conseil de la Santé Publique a identifié l’obésité comme facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19. Il est urgent d’endiguer cette autre épidémie à la source. (...)
Le mirage des engagements volontaires des industriels de la malbouffe (...)
là où les engagements volontaires des entreprises étaient censés réduire l’impact du marketing, l’exposition des plus jeunes à la publicité de la malbouffe (sur la base des produits classés D ou E par le logo nutritionnel Nutri-score) a en fait augmenté de 10% pour les enfants et de 6% pour les adolescents entre 2015 et 2018.
Un verdict sans appel qui vient confirmer celui de la Cour des comptes sur la prévention et la prise en charge de l’obésité de novembre 2019 qui soulignait déjà : « Le principe de l’autorégulation en matière de publicité alimentaire à destination des enfants s’est révélé peu efficace (…) La France devrait se doter d’une régulation normative de la publicité pour enfant ». (...)
foodwatch, la convention citoyenne pour le climat et maintenant Santé publique France sont d’accord : le gouvernement doit agir pour le monde d’après ! (...)