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Mediapart
Corruption : la justice enquête sur le service des achats du ministère de l’intérieur
#corruption
Article mis en ligne le 5 janvier 2025
dernière modification le 3 janvier 2025

Un général de gendarmerie a été suspendu du service qui gère les marchés d’équipements pour le ministère de l’intérieur. L’enquête porte notamment sur le rôle d’un intermédiaire qui dispose d’un réseau important au sein des forces de sécurité et a déjà été condamné pour trafic d’influence en 2011.

Tel un volcan à la veille d’une éruption, la pression n’a cessé de monter ces dernières semaines à la tête de la gendarmerie nationale. À l’origine de cette agitation ? les développements d’une enquête judiciaire, conduite par le Parquet national financier (PNF), sur des soupçons de corruption, entre autres, au sein du service des achats du ministère de l’intérieur au cours de l’année 2022.

Si les investigations sont toujours en cours, un général de division, Xavier Lejeune, qui était un pilier de ce service chargé des commandes et distributions des équipements pour la gendarmerie, la police nationale ou encore la sécurité civile, a été discrètement suspendu à titre conservatoire de ses fonctions en mars 2023, comme l’a repéré le magazine spécialisé L’Essor de la Gendarmerie nationale.

Le général Lejeune, qui pilotait la sous-direction de la logistique et de l’approvisionnement (SDLA) depuis 2019, venait d’être placé en garde à vue, et son bureau du ministère perquisitionné, dans le cadre de l’enquête. Le militaire a bien tenté de faire annuler sa suspension ensuite, mais le Conseil d’État a considéré que « la gravité et la vraisemblance des faits [reprochés] et des inconvénients que présente le maintien de l’intéressé dans ses fonctions » justifiaient d’écarter le général, qui a fini par quitter le service actif le 1er septembre 2023. (...)

Les investigations du PNF portent notamment sur l’attribution d’un marché de sérigraphie des véhicules de la gendarmerie à une entreprise francilienne, d’après nos informations. Ladite entreprise, qui avait modifié ses statuts fin 2022 pour prévoir dans son objet social la signalétique sur des véhicules professionnels, au moment où elle décrochait ce contrat très valorisant en matière d’image, est codétenue par un chef d’entreprise bien connu du secteur de la défense.

Ce chef d’entreprise, Gérard B., a en effet officié pendant plusieurs années en parallèle de ses activités privées, dans un curieux mélange des genres, comme consultant auprès de la direction générale de la gendarmerie (DGGN) pour l’aider dans sa politique d’achats. (...)