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Marie-Claude Saliceti
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Le Café Pédagogique
Coopérer, fabriquer, apprendre : le pari des tiers-lieux éducatifs
#tierslieuxEducatifs #fablabs #hackathons #educationPopulaire
Article mis en ligne le 6 avril 2026
dernière modification le 3 avril 2026

« Fabriquer pour comprendre la programmation » est le pari lancé par notamment l’association Tiers-Lieux Edu et l’Edulab à Rennes. Erwan Vappreau, professeur des écoles et co-président de l’association détaille les synergies établies à l’échelle de la francophonie. L’enseignant revient aussi sur les bienfaits des hackathons « qui permettent de proposer des temps de partage et de réflexion tant technique que pédagogique autour d’une thématique ».

Pouvez-vous nous présenter l’association Tiers Lieux Edu et son objectif dans le monde éducatif ?

L’association Tiers-Lieux Edu se positionne comme un réseau francophone d’acteurs éducatifs au sens large, engagé dans le soutien au au développement de ce qu’elle appelle des tiers-lieux éducatifs : des espaces hybrides (physiques et sociaux) favorisant l’apprentissage par le faire (MakerEd), et rapprochant le monde de l’éducation du monde des fablab. Cela conduit à divers projets, des évènements, de la formation, de l’accompagnement de projets, à l’échelle de la francophonie.

Créée en 2018 dans le sillage des rencontres internationales des fablabs, elle rassemble enseignants, médiateurs, fabmanagers, acteurs de l’éducation populaire et partenaires institutionnels autour d’une ambition commune : transformer les pratiques éducatives via des logiques de coopération, de fabrication et de communs pédagogiques.

L’un de ses projets est la création et le pilotage de la plateforme fabriquedu.org au sein de la coalition « je fabrique mon matériel pédagogique ». (...)

L’association Tiers-Lieux Edu est, de son côté, familière de l’organisation de hackathons dédiés au matériel pédagogique, généralement construits sur des idées portées par les participants eux-mêmes. Dans le cas présent, il s’agit de faire évoluer ce modèle en proposant des sessions centrées sur des thématiques précises, visant à concentrer les contributions autour d’une problématique identifiée, en présence des porteurs de projet à l’origine des dispositifs.

L’association joue ainsi un rôle de catalyseur : elle met en relation ces acteurs, des pédago-makers désireux de s’engager dans ce type d’expérience collaborative, ainsi qu’un chouette fablab sensible à la question de la création numérique à dimension éducative, prêt à accueillir le hackathon.

Que peuvent concrètement retirer les enseignants – et leurs élèves – de ces temps de création collaborative et de fabrication pédagogique ?

Les apports pour les enseignants — et, par extension, pour leurs élèves — varient selon leur degré de familiarité avec ces environnements, mais plusieurs bénéfices concrets peuvent être identifiés. (...)

Au-delà des apprentissages disciplinaires, ces démarches ouvrent sur des enjeux éducatifs plus larges. Elles peuvent, par exemple, sensibiliser les élèves à la réparation et à la lutte contre le gaspillage (remise en état de dispositifs défectueux), ou encore à la sobriété numérique, à travers la conception d’objets favorisant la manipulation et donc ne reposant pas exclusivement sur des interfaces numériques classiques.

Enfin, ces expériences peuvent s’inscrire dans des dynamiques de projet fortement coopératives, mobilisant des compétences transversales (travail en équipe, résolution de problèmes, créativité) qui structurent autrement les situations d’apprentissage.