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Conseil de la paix de Trump : ce que l’on sait de la réunion inaugurale à Washington
#Trump #conseildePaix
Article mis en ligne le 19 février 2026

Pensé à l’origine pour organiser la reconstruction de la bande de Gaza, le Conseil de la paix voulu par Donald Trump tiendra jeudi sa première réunion à Washington. Un rendez-vous très politique, qui divise les alliés des États-Unis et alimente les accusations de concurrence directe avec l’ONU. Qui sera présent et quel sera l’ordre du jour ? France 24 fait le point.

Un lancement diplomatique qui divise avant même sa première réunion. Les délégations des pays ayant accepté de rejoindre le Conseil de la paix de Donald Trump ont rendez-vous jeudi 19 février à Washington. Dirigeants et représentants de haut rang se retrouvent pour acter la naissance de cet organe controversé, un mois après la signature de sa charte au Forum économique de Davos, en Suisse.

Depuis l’adhésion d’Israël le 11 février, l’organisation revendique 27 États qualifiés de "membres fondateurs" sur son compte X. La session inaugurale se tiendra dans les locaux de l’Institut des États-Unis pour la paix, récemment rebaptisé par le département d’État "Institut Donald J. Trump pour la paix".

À l’origine, le Conseil de la paix devait superviser la reconstruction de la bande de Gaza, dévastée par la guerre lancée après les massacres du 7-Octobre. Son mandat a depuis été élargi par Donald Trump à la résolution des conflits armés dans le monde. Cette nouvelle ambition alimente les réserves de nombreux alliés occidentaux, d’autant que l’adhésion comme membre permanent s’accompagne d’un ticket d’entrée à un milliard de dollars. Un fonctionnement qui renforce les critiques voyant dans cette instance une version "payante" et politisée du Conseil de sécurité des Nations unies. (...)

Parmi les membres confirmés figurent des dirigeants ouvertement proches de Donald Trump. (...)

Quels observateurs autour de la table ?

À défaut d’adhérer, plusieurs pays et organisations ont choisi d’assurer une présence en tant qu’observateurs. L’Union européenne sera représentée par la commissaire à la Méditerranée Dubravka Suica, avec pour objectif affiché de porter la position européenne sur la situation à Gaza, sans rejoindre formellement l’instance.

Même approche pour l’Italie. (...)

La Roumanie participera également comme observatrice, son président Nicusor Dan ayant confirmé sa présence. La Grèce sera représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères Harry Theoharis. La République tchèque et Chypre feront également partie des observateurs.

Qui sera absent ?

La liste des absents sera presque aussi scrutée que celle des participants. Sur la soixantaine de pays invités par Donald Trump à rejoindre le Conseil de la paix, une part significative a décliné l’invitation ou choisi de ne pas donner suite.

Une dizaine d’États ont ainsi explicitement refusé d’y adhérer et ne devraient pas participer à la réunion inaugurale, sauf revirement de dernière minute en tant qu’observateurs. La France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait "pas de suite favorable" à ce stade. Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a justifié cette position en soulignant l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU.

L’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation. D’autres États européens ont fait savoir qu’ils n’envisageraient une participation qu’à la condition d’une modification de la charte fondatrice.

À ces refus s’ajoutent les silences. Plusieurs pays invités n’ont jamais répondu officiellement et devraient donc être absents jeudi. C’est le cas du Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, qui accuse Donald Trump de vouloir se poser en "maître" d’une "nouvelle ONU". (...)

Autre absence remarquée : celle du Canada. (...)

Le Vatican a pour sa part fait savoir mardi soir qu’il ne prendrait pas part au Conseil de la paix. Son secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, a reconnu que la décision de l’Italie de participer comme observatrice le laissait "un peu perplexe".

Qui pilote le Conseil de la paix ?

Le Conseil de la paix repose sur une structure de gouvernance très resserrée autour de Donald Trump. (...)

La charte prévoit que les États membres se prononcent par vote sur les propositions soumises, celles-ci devant ensuite être validées par le président du Conseil.

Sur le terrain, le Conseil supervisera les activités du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), chargé de la gestion logistique du territoire palestinien. Composé de quinze Palestiniens, le comité est dirigé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de la Planification. Ses missions excluent toute responsabilité politique. (...)

Dans quel contexte intervient cette réunion ?

Cette réunion inaugurale se tient alors que l’administration américaine tente d’engager la deuxième phase du plan porté par Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre dans la bande de Gaza. Annoncée à la mi-janvier, cette nouvelle étape du cessez-le-feu peine toutefois à se concrétiser sur le terrain.

L’armée israélienne contrôle toujours plus de la moitié du territoire, tandis qu’Israël et le Hamas – qui refuse catégoriquement de déposer les armes selon les conditions exigées par Israël – s’accusent quotidiennement de violations de la trêve. C’est dans ce climat que le mouvement islamiste a directement interpellé le Conseil de la paix. Mardi, par la voix de son porte-parole Hazem Qassem, le Hamas a exhorté les membres de l’instance à agir pour contraindre "l’occupation israélienne à mettre fin à ses violations" alors que, selon lui, la "guerre de génocide se poursuit". (...)