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Marie-Claude Saliceti
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Classement 2026 : la liberté de la presse au plus bas depuis 25 ans
#medias #libertedelapresse #RSF
Article mis en ligne le 6 mai 2026
dernière modification le 2 mai 2026

Pour la première fois dans l’histoire du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave”. En 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. Le développement d’un arsenal législatif de plus en plus restrictif, notamment lié aux politiques de sécurité nationale, vient, depuis 2001, éroder le droit à l’information, jusque dans les démocraties. L’indicateur légal est celui qui baisse le plus cette année, signe d’une criminalisation croissante du journalisme. Et les Amériques connaissent une évolution significative, les États-Unis perdant sept places tandis que plusieurs pays d’Amérique latine plongent dans la spirale de la violence et de la répression.

“En proposant une perspective anniversaire sur 25 ans, RSF ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur, l’organisation interpelle frontalement l’avenir en posant une question simple – jusqu’à quand allons-nous tolérer l’asphyxie du journalisme, l’entrave systématique des journalistes et l’érosion continue de la liberté de la presse ? Car si les attaques contre le droit à l’information se diversifient et se sophistiquent, leurs auteurs, eux, ne se cachent plus : États autoritaires, pouvoirs politiques complices ou défaillants, acteurs économiques prédateurs et plateformes devenues incontrôlables portent une responsabilité directe et écrasante. Face à cela, la passivité devient une forme de caution. Il ne suffit plus d’affirmer des principes : des politiques de protection active sont indispensables, et elles doivent être motrices. Cela commence par mettre fin à sa criminalisation : détournement des lois de sécurité nationale, procédures-bâillons, entraves systématiques à celles et ceux qui enquêtent, révèlent et nomment. Les mécanismes de protection restent trop faibles, le droit international s’effrite et l’impunité prospère. Il faut des garanties fermes – et des sanctions réelles. La balle est dans le camp des démocraties et de leurs citoyens. À eux de faire barrage à ceux qui organisent le silence. Car la contagion autoritaire n’est pas une fatalité.
Anne Bocandé, Directrice éditoriale de RSF

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