Alors que 2024 a été l’année la plus meurtrière dans la Manche, avec 89 personnes décédées dont 78 en mer, les gouvernements français et britannique ont répondu, en 2025, par un nouvel accord dit « 1 in 1 out », officialisé en juillet dernier et visant à “prévenir les traversées périlleuses”. Cet accord ne constitue en aucun cas une voie légale autonome, mais bien un échange transactionnel qui repose sur le principe même que les traversées périlleuses perdurent. Depuis son entrée en vigueur et jusqu’en janvier 2026, 281 personnes ont été expulsées vers la France et 350 admises au Royaume-Uni.
Malgré cela, 41 472 personnes ont rejoint le Royaume-Uni par la voie maritime irrégulière en 2025. Pour y faire face, le ministère de l’Intérieur, sous la pression du Royaume-Uni, permet à présent l’interception d’embarcation à 300m en mer en allant à l’encontre de la primauté de la sauvegarde de la vie humaine.
Ces interceptions n’ont pas encore été documentées, en revanche l’ensemble du dispositif policier terrestre pour empêcher les traversées reste, lui, très présent et documenté. C’est l’objet de la décision de la Défenseure Des Droits, prononcée en décembre dernier. Elle constate un schéma en place : l’usage disproportionné du gaz lacrymogène et des LBD, l’absence de protocoles clairs et le manque de mécanismes de contrôle dans l’utilisation de ces armes. (...)