En Allemagne, le nombre de cas de violences sexistes signalées a atteint des niveaux records en 2024. Les femmes migrantes sont particulièrement touchées.
Mercredi 25 mars, les députés au Parlement allemand ont débattu de la question des violences domestiques et des mesures pour tenter de renforcer l’arsenal législatif contre ce type d’abus.
Car les violences domestiques ont atteint un niveau record de 266 000 victimes signalées en 2024, soit une hausse de 3,8 % par rapport à l’année précédente, selon l’Office de police criminelle (BKA).
Entre 73 et 80 % des victimes sont des femmes. Si l’augmentation du nombre de signalements peut indiquer des progrès dans la lutte contre ce phénomène, la stigmatisation et les peurs persistent. Les experts estiment ainsi que ces chiffres sont encore loin de la réalité.
Les femmes migrantes sont particulièrement touchées. Elles sont exposées à des risques accrus en raison de leur isolement, des barrières linguistiques, de la dépendance financière vis-à-vis de leur agresseur ou et de la crainte d’être expulsée. L’Allemagne dispose pourtant d’une législation claire visant à protéger les personnes contre les violences domestiques, quel que soit leur statut juridique ou leur origine.
Protection juridique contre la violence domestique
(...) La loi sur la protection contre la violence (Gewaltschutzgesetz) permet aux tribunaux d’agir rapidement pour protéger les victimes. (...)
Elle établit également un droit légal à un hébergement gratuit, à un accompagnement psychologique et à une aide financière pour toutes les victimes, y compris les réfugiés. (...)
Pour les migrants et les réfugiés, ces mesures de protection peuvent suspendre les procédures d’expulsion et donner lieu à l’octroi de titres de séjour en vertu de l’article 25 de la loi sur le séjour (AufenthG) dans les cas de violences basées sur le genre.
Les enfants bénéficient d’une protection en vertu de l’article 1666 du Code civil (BGB), qui permet de les sortir d’environnements dangereux.
Que se passe-t-il lorsqu’un cas de violence est signalé ? (...)
Si les services de lutte contre les violences domestiques semblent donc solides sur le papier, d’importants défis subsistent pour les femmes migrantes.
Les places en foyer d’accueil sont limitées : il en faudrait 12 000 de plus à l’échelle nationale pour répondre à la demande, et l’accès à ces structures peut être géographiquement inégal, notamment dans les zones rurales.
Bien que la violence financière soit reconnue comme une forme de violence domestique en Allemagne, de nombreuses femmes dépendent financièrement entièrement de leur agresseur, ce qui les maintient dans une situation de dépendance.
Et ceci est particulièrement vrai pour les femmes migrantes.
Or, les services d’aide se concentrant avant tout sur la sécurité physique immédiate de la personne plutôt que sur son autonomie financière à long terme. Les lignes d’assistance téléphonique et les ONG telles que Solidarité avec les femmes en détresse (SOLWODI) peuvent constituer une première étape pour se libérer de cette forme de dépendance. (...)
Les délais d’attente pour bénéficier d’un accompagnement thérapeutique peuvent également s’étendre sur plusieurs mois, en particulier lorsque la victime ne parle pas allemand.
Si les grandes villes ont tendance à offrir des services plus accessibles, il peut néanmoins s’avérer difficile de s’y retrouver (...)
Services de conseil juridique gratuits et anonymes (...)
Les principaux contacts à l’échelle nationale (soutien multilingue) (...)