Selon The Guardian, quatre-vingts migrants placés en centre de rétention au Royaume-Uni en vue de leur renvoi en France affirment avoir subi des traitements dégradants de la part des autorités britanniques. Des plaintes balayées par le Home Office.
Dans leur rapport consulté par The Guardian, les migrants, originaires du Soudan, d’Afghanistan et d’Iran notamment, appellent les instances de l’ONU à enquêter sur leur traitement, affirmant avoir subi "peur, humiliation et détresse psychologique" à Harmondsworth depuis leur arrivée au Royaume-Uni. Ils accusent le Home Office – ministère de l’Intérieur britannique - de les soumettre à une détention arbitraire, de leur refuser l’accès à un avocat. Ils dénoncent aussi un accès limité à des soins médicaux, des traitements dégradants et des préjudices psychologiques.
"Nous ne reconnaissons pas ces allégations", déclare le Home Office (...)
Le centre de rétention d’Harmondsworth n’a pas bonne presse. En 2024, Charlie Taylor, l’inspecteur en chef des prisons l’avait déjà épinglé dans un rapport. "Les conditions ici sont les pires que nous ayons vues dans un centre de détention pour migrants", avait-il déclaré. Pour rappel, au Royaume-Uni, les centres de rétention sont sous-traités à des entreprises privées (comme Mitie) - contrairement à la France où c’est l’Etat qui est en charge de ces structures. (...)
Confisquer les téléphones portables
La diffusion de cette plainte coïncide avec l’entrée en vigueur de nouveaux pouvoirs gouvernementaux : désormais, les policiers britanniques pourront procéder à des fouilles lors de l’arrivée au port des migrants secourus dans la Manche. Les agents seront habilités à demander aux exilés de retirer leur manteau et leurs gants afin de confisquer les téléphones portables, et de fouiller leur bouche pour récupérer des cartes SIM dissimulées. Le but : récupérer d’éventuelles informations sur les réseaux de trafiquants et démanteler les organisations mafieuses. (...)
Malgré le durcissement de la politique migratoire britannique, les exilés dans le nord de la France ne comptent pas changer leurs plans et souhaitent souvent, coûte que coûte, rejoindre l’Angleterre. Déjà, parce qu’ils ne connaissent pas toujours l’existence des réformes anglaises. Ensuite, parce que beaucoup ne renonceront pas à leur objectif si près du but, alors qu’ils ne sont qu’à quelques kilomètres des côtes britanniques. (...)