Le conseil départemental de Haute-Marne annonce un plan massif d’abattage d’arbres le long de ses axes routiers les plus fréquentés. Un diagnostic est en cours pour identifier les plus dangereux, au nom de la sécurité routière.
C’est un constat : les personnes trouvant la mort après avoir percuté un arbre représentent 10% des tués sur la route. Une réalité qui incite le conseil départemental de Haute-Marne à lancer un plan d’abattage massif au bord des axes les plus fréquentés. Sur les 750 kilomètres concernés, des milliers d’arbres vont faire l’objet d’un diagnostic pour identifier ceux qui sont malades et dangereux.
Le nombre précis d’arbres qui seront effectivement abattus n’est donc pas encore défini. Mais il s’élèvera à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers. (...)
Pour autant, l’abattage massif d’arbres en bord de route est un sujet clivant. Une association nationale se mobilise régulièrement contre ces coupes franches en bord de route. D’aucuns avancent aussi l’idée que l’alignement d’arbres rendrait le tracé plus "lisible" pour les automobilistes et qu’il créerait un "effet de paroi" qui fait lever le pied.
Des arbres plantés pour absorber la poussière (...)
On en oublierait que ces arbres ont été plantés voilà parfois plus d’un siècle pour rendre service à l’homme. Ils devaient aider à réduire la poussière soulevée par les véhicules. Une nécessité qui a disparu au début du 20e siècle avec l’apparition des rubans d’asphalte.
Cet abattage massif sera accompagné de mesures compensatoires pour "préserver la biodiversité", précise le Département, avec notamment la plantation de haies. (...)
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– (JHM)
Nicolas Lacroix veut abattre les arbres en bord de route
A l’occasion d’une sortie sur la Route départementale 1, ce jeudi 8 février, Nicolas Lacroix a annoncé le lancement d’un plan d’abattage massif des arbres en bord de routes départementales.
« Je suis un amoureux des arbres », martèle Nicolas Lacroix. Le président du Département n’a jamais caché qu’il aimait la nature, la forêt en particulier. Il a cependant annoncé, ce jeudi 8 février en fin de journée, l’abattage massif de 3 500 arbres situés en bord de routes départementales. « Je savais bien que ça allait susciter des réactions très clivantes », observe-t-il.
Toucher un arbre, c’est une manière symbolique de toucher à la vie. Or, l’idée du président du Département est justement d’en préserver, des vies. (...)
De nombreux arbres malades
Nicolas Lacroix s’est rendu entre Nogent et Rimaucourt, ce jeudi, avec ses équipes. « C’est un coin que je connais bien. Quand vous avez un arbre, on constate souvent une déformation de la route et ces mêmes arbres sont toujours abîmés au pied. Quand on s’approche, on voit aussi des traces de roues de voitures sur l’accotement qui frôlent les arbres ! »
Pour mettre de l’eau à son moulin, le président du Département précise aussi que ces arbres doivent être entretenus en période hivernale, « et ce travail d’élagage mobilise nos équipes ». D’après lui, un grand nombre de ces arbres seraient en outre malades.
Des mesures compensatoires
Pour Nicolas Lacroix, il va falloir couper quelque « 3 500 arbres défaillants et dangereux ». « Nous allons les répertorier », précise-t-il. Bien conscient que le code de l’environnement protège les sujets sains, Nicolas Lacroix entend faire entendre ses arguments. « Les arbres ont été plantés autrefois pour délimiter les routes lorsqu’il n’y avait pas de bitume. Ils faisaient de l’ombre aux charrettes », expose-t-il. Force est de constater qu’aujourd’hui, cette utilité n’est plus défendable. Il est déterminé à expliquer en quoi leur présence est dangereuse. (...)
Inquiétude à Nature Haute-Marne
Le conseil d’administration de l’association Nature Haute-Marne se dit « particulièrement inquiet de ce projet d’abattage massif des arbres de bord de routes. Nous avions eu l’occasion de vous présenter il y a quelques années, l’intérêt de la conservation et de la replantation d’arbres. Nature Haute-Marne est aussi à l’écoute de la sécurité et de la protection des humains. Concernant ce plan d’abattage, nous avons besoin que vous nous précisiez : quels secteurs routiers sont concernés ; quels arbres y sont condamnés (diagnostiqués”malades” ou tous ?) ; les données d’accidentologie (blessures, mortalité) constatées dans ces mêmes secteurs ; les modalités et l’ampleur des mesures compensatoires et replantations prévues.
La forêt ne doit pas cacher l’arbre. La Haute-Marne est certes un département très forestier, mais l’arbre, isolé, en bord de route, en alignement, remplit d’autres fonctions que l’arbre forestier. » (...)