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Marie-Claude Saliceti
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« À court de larmes » : traumatisés par le scandale des PFAS, les États-Unis cherchent une issue
#PFAS #USA #Santé #agriculture
Article mis en ligne le 13 mars 2026
dernière modification le 8 mars 2026

Certaines régions des États-Unis sont en avance par rapport à la France dans leur politique de lutte contre ces polluants éternels. Mais à l’heure où Donald Trump freine la réglementation des PFAS, tous les États n’avancent pas en même temps.

Dans les années 2010, le dossier de la pollution aux PFAS a refait surface aux États-Unis, près de vingt ans après le premier scandale, raconté dans le film Dark Waters. Toujours en 2016, un résident de l’État de New York découvrait que sa ville buvait une eau contaminée. Idem en 2018, dans le New Hampshire. (...)

Outre-Atlantique, ces affaires médiatiques ont offert un coup de projecteur sur cette famille de molécules chimiques, responsables de cancers et de maladies graves. Utilisés par l’industrie, les PFAS se nichent dans nos poêles antiadhésives, nos vêtements imperméables, nos emballages alimentaires ou encore nos cosmétiques.

Tandis qu’en France les autorités semblent tout découvrir (ou presque) depuis le premier scandale en 2022 au sud de Lyon, des États étasuniens ont déjà mis en place des politiques pour dépolluer l’eau, aider les victimes et récupérer des milliards de dollars de l’industrie chimique pour réparer les dégâts. (...)

Dépolluer l’eau : le Michigan aux avant-postes (...)

Face à l’absence de réglementation au niveau fédéral à l’époque, le Michigan a fixé ses propres seuils maximums de concentrations pour certains PFAS dans les eaux de surface, mais aussi l’eau potable. (...)

Si 125 millions de dollars (106 millions d’euros) ont été alloués à cette politique par l’État ces huit dernières années, le Michigan a parfois dû traîner certains industriels récalcitrants devant le tribunal. Comme le New Jersey, qui a poussé la logique encore plus loin.

L’industrie chimique sort le chéquier

Pollué aussi, cet État historiquement industriel a choisi en 2019 de multiplier les plaintes en justice contre les chimistes, avec un certain succès. (...)

« Les industriels préfèrent négocier plutôt que de faire face à l’incertitude. Ils ont préféré signer un chèque plutôt que de laisser la justice décider du montant pour eux », explique Shawn LaTourette.

Ces plaintes sont également une manière pour cet État de court-circuiter le temps long de la justice, afin d’agir plus rapidement pour dépolluer. (...)

Les riverains des usines polluantes s’engouffrent eux aussi dans la voie judiciaire, dans un pays qui compte pas moins de 15 000 litiges liés aux PFAS. (...)

Le Maine au chevet des agriculteurs (...)

l’État du Maine s’est doté à partir de 2022 d’un fonds PFAS pour venir en aide aux agriculteurs. Doté de 60 millions de dollars (52 millions d’euros), il permet de dédommager les agriculteurs et de leur financer les coûts liés aux analyses pour détecter les PFAS dans les sols. En parallèle, l’université du Maine recherche des solutions techniques pour que les fermiers puissent continuer à cultiver leurs sols. (...)