Quel est le réel bilan des privatisations ? Celle de France Télécom se solde par un procès exceptionnel, ouvert le 6 mai et qui se conclura le 11 juillet : les trois principaux hauts dirigeants de la multinationale devenue Orange y sont accusés de harcèlement moral suite au profond mal-être social qui a frappé l’entreprise. D’autres services publics – Aéroports de Paris, La Poste, la SNCF, les hôpitaux, EDF – sont en cours de démantèlement, voire de privatisations. Comment les salariés vivent-ils cette situation ? Quelles sont les conséquences pour les usagers ? Réponses dans une émission radio proposée par Basta ! et Radio parleur, et enregistrée en public à Paris le 26 juin.
Entre 2006 et 2008, au moment de sa privatisation, FranceTelecom a mis en place le plan NExT. Derrière ce joli petit sigle, un objectif : faire partir 22 000 personnes de l’entreprise, « par la porte ou par la fenêtre ». Les personnels de France Télécom/Orange ont été soumis à des « réorganisations désordonnées », à des « incitations répétées au départ », à des « mobilités géographiques forcées » ou à des « manœuvres d’intimidations », ayant pour principal but de pousser vers la sortie 22 000 salariés. Ce « management par le stress » a eu pour effet de provoquer un profond mal-être social, se traduisant notamment par des dépressions et plusieurs dizaines de suicides. (...)
Plus de 10 ans après, les dirigeants sont traînés devant les tribunaux. Un procès exceptionnel, technique, prévu pour durer deux mois. Pour faire un point sur le procès et mettre au jour les conséquences de la privatisation des services publics sur les conditions de travail, alors que de grandes entreprises publiques – La Poste, la SNCF, Aéroports de Paris, EDF – ou les hôpitaux sont sous la menace de restructurations et de futures privatisations. (...)