Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
IRIN - nouvelles et analyses humanitaires
Un invité indésirable : l’Afrique face à El Niño en 2016
Article mis en ligne le 30 décembre 2015
dernière modification le 26 décembre 2015

El Niño est un cadeau de Noël habituellement non désiré – un réchauffement du Pacifique tropical entraîne des sécheresses et des inondations qui atteindront leur pic à la fin du mois, mais qui affecteront les systèmes météorologiques du monde entier en 2016.

L’épisode El Niño de cette année se renforce depuis le mois de mars. Il sera probablement l’un des événements climatiques les plus extrêmes que la Terre ait jamais connu et OCHA, l’organisme de coordination de l’aide d’urgence des Nations Unies, prévient que « des millions de personnes seront affectées ».

La corrélation entre El Niño et la sécheresse en Afrique australe et dans la région de la Corne de l’Afrique, et les fortes précipitations en Afrique de l’Est est bien établie. Le lien entre El Niño et le climat du reste du continent est moins évident. D’autres facteurs entre en jeu, comme les températures dans l’Atlantique Nord qui influent sur les conditions météorologiques en Afrique de l’Ouest, affirme Richard Choularton, chargé de la résilience en matière de sécurité alimentaire au Programme alimentaire mondial (PAM).

Le développement d’un épisode El Niño en 2016 est une nouvelle particulièrement préoccupante, car les agriculteurs et les bergers d’Afrique australe et de la région de la Corne de l’Afrique – et, dans une moindre mesure, d’Afrique de l’Est – vont connaitre des difficultés pour la deuxième année consécutive. Quatre-vingt pour cent de ces populations dépendent de l’agriculture. Leur capacité à faire face à l’adversité a déjà été mise à rude épreuve. Demain, ils seront soumis à un test encore plus difficile.

Quelle sera la situation dans ces régions vulnérables l’année prochaine ? Voici un aperçu qui prend en compte les aléas des prévisions météorologiques. (...)

L’Afrique australe est une région où la majorité des pays sont des pays à revenu intermédiaire, mais traditionnellement, ses populations rurales présentent les indicateurs de pauvreté les plus élevés du monde. En Afrique du Sud, moteur économique du continent, près d’un quart des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance. Ce niveau de privation limite la capacité de résilience des individus après une catastrophe.

Les pays les plus affectés en 2016 seront l’Angola, l’Afrique du Sud, le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe, le Lesotho, le Swaziland et le Mozambique. (...)

Les Nations Unies estiment que 15 millions de personnes seront confrontées à des pénuries alimentaires en 2016, la prochaine récolte n’étant pas attendue avant le mois de juin. L’Ethiopie compte près de 100 millions d’habitants.

Près de huit millions d’individus bénéficient déjà du Programme de filet de sécurité productif. Le gouvernement a versé 192 millions de dollars pour lutter contre la crise, « mais il est urgent que les bailleurs de fonds et la communauté internationale renforcent leur soutien au gouvernement afin que la situation ne s’envenime pas », a expliqué Save the Children.

Entretemps, le sud et l’est de l’Ethiopie, des régions de basse altitude, devraient recevoir de fortes précipitations et subir des inondations. (...)