
Il n’aura pas fallu plus de 48 heures à Israël et aux Etats-Unis pour parvenir à leurs fins. Vendredi 17 mars, sous la pression de sa hiérarchie, la chef de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA), l’organe onusien à l’origine de la publication, deux jours plus tôt, d’un rapport accusant I’Etat hébreu de soumettre le peuple palestinien à un régime d’apartheid, a démissionné de son poste.
Le document en question avait suscité l’ire des ambassadeurs américain et israélien qui avaient appelé le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à le retirer immédiatement. Dans la soirée de vendredi, le texte n’était plus disponible sur le site internet de l’ESCWA, une des cinq commissions régionales des Nations Unis, en charge des questions de développement dans le monde arabe.
Rédigé par deux spécialistes de droit international, les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley, ce texte concluait, après analyse des multiples discriminations dont sont victimes les Palestiniens, qu’« Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ». Il appelait les pays membres des Nations unies à soutenir le mouvement BDS, qui prône le boycottage de l’Etat d’Israël. (...)
Dans une conférence de presse organisée à Beyrouth (Liban), où se trouve le siège de l’ESCWA, sa secrétaire exécutive, la Jordanienne Rima Khalaf, a présenté sa démission comme un acte de protestation contre les pressions de M. Guterres
« Il m’a demandé hier matin de retirer [le rapport], je lui ai demandé de repenser sa décision mais il a insisté. Sur ce, je lui ai présenté ma démission de l’ONU. Je démissionne parce qu’il est de mon devoir de ne pas dissimuler un crime, je soutiens toutes les conclusions du rapport. » (...)
C’est la première fois dans l’histoire de l’ONU qu’un rapport publié en son nom accuse l’Etat hébreu d’apartheid. Le terme revient pourtant régulièrement, depuis une dizaine d’années, dans le débat sur la politique d’occupation israélienne. (...)