Ainsi, le gouvernement italien refuse, comme le nôtre, de traiter dignement les réfugiés qui se heurtent à leurs frontières.
Face à ce refus obstiné de traiter ce problème à hauteur du drame qu’il représente, des citoyens des Alpes Maritimes, conscients des malheurs que connaissent dans cette situation ces migrants, s’engagent dans une démarche solidaire pour leur épargner la faim, le froid, la maladie et, hélas aussi, plusieurs fois, la mort accidentelle.
La France, dès lors, loin d’entrer enfin dans la légalité et épargner par là même aux citoyens ces actions bénévoles n’a rien trouvé d’autre que de les poursuivre en justice, coupables aux yeux de l’état, d’un « délit de solidarité ». Il en est de même en Italie, qui poursuit Félix Croft, prévenu par la justice italienne d’avoir aidé des personnes en situation irrégulière et d’avoir mis leurs vies en danger (transport de six personnes dans un véhicule de tourisme !). Il encourt jusqu’à quinze ans de prison ferme.
Aujourd’hui nous sommes consternés de voir, avec le cas de Félix, que l’Italie rejoint la France dans cette infamie. Celui-ci, en effet, dans une action solidaire envers une famille soudanaise, a été arrêté le 22 juillet 2016 à Vintimille où de très nombreux migrants sont contraints de dormir dans la rue, quelles que soient les conditions météorologiques, où le maire a signé un arrêté interdisant aux citoyens de nourrir les réfugiés, sous le fallacieux prétexte d’éventuels problèmes sanitaires.
En outre, quoi de plus légitime que de venir en aide à une famille qui craint la police italienne dont un rapport, relayé par la presse, tant italienne que française, fait état de "mauvais traitements susceptibles de constituer des actes de torture dans certains cas", qui s’angoisse à l’idée d’être expulsée illégalement comme cela a valu, il y a peu, à l’Italie d’être condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme ? Surtout quand on connaît l’état de guerre et de famine, voire le risque imminent de génocide (voir liens ici et là), qui sévissent au Soudan du Sud, et dans le Darfour. Situation d’autant plus dramatique lorsque la presse italienne fait état d’un accord secret entre autorités italiennes et soudanaises, sur injonction européenne, pour rapatrier les nationaux soudanais. (...)