
Afin de faire face à l’afflux de migrants en provenance d’Érythrée, l’Union européenne va allouer 312 millions d’euros à ce pays de la Corne de l’Afrique. Un geste qui n’arrêtera pas ceux qui fuient cette dictature, selon de nombreux d’observateurs.
"Par crainte de voir arriver sur ses côtes toujours plus de migrants, l’Europe tente par tous les moyens de tarir les départs d’évadés érythréens. Donner de l’argent semble la seule réponse que Bruxelles ait trouvée pour régler le problème. Elle avait déjà commis la même erreur avec le régime de Kadhafi en Libye par le passé", explique Alain Gascon, professeur émérite à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris 8.
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"Cadenas supplémentaire"
Car "financer Asmara, c’est ajouter un cadenas supplémentaire à un peuple prisonnier dans son propre pays", poursuit le spécialiste. Le petit pays de la Corne africaine est, en effet, accusé de bafouer toutes les libertés individuelles et plus globalement, les droits humains. Le pays, gouverné d’une main de fer par Issayas Afeworki, au pouvoir depuis 1991, détient le triste record du plus grand nombre de journalistes emprisonnés sur le continent. L’Érythrée occupe également, pour la huitième année consécutive, la dernière place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.
"Comment l’Union européenne qui défend les valeurs de l’État de droit et de la démocratie peut-elle soutenir un tel régime ? S’interroge Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Il est stupéfiant que l’Union européenne fournisse une telle assistance au régime d’Issayas Afeworki sans demander la moindre contrepartie dans le domaine des droits de l’Homme et de la liberté d’expression”, poursuit-elle.
Les promesses n’engagent que ceux… (...)