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Prêt à tout pour son aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’Etat sape la politique de la biodiversité
Article mis en ligne le 22 septembre 2015

Ce pourrait être une anecdote : pour favoriser l’aéroport de Notre Dame des Landes, le préfet de Loire-Atlantique s’apprête à autoriser la destruction du campagnol amphibie, une espèce protégée. Derrière cet acte, il y a au fond la remise en cause des principes de protection de la biodiversité.

Le préfet de Loire-Atlantique a mis en ligne le 8 septembre 2015 toutes les bonnes raisons et les pièces du dossier qui vont être utilisées pour la rédaction de son arrêté autorisant la destruction d’une espèce protégée au plan national, le campagnol amphibie, sur le site du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

On peut se demander pourquoi il a attendu si longtemps puisque, de toute évidence, rien de neuf n’a été apporté au dossier depuis mars 2014. Sans doute gardait-on ce dossier pour pouvoir envoyer un signe positif d’avancement aux partisans du projet qui continuent à ronger bruyamment leur frein. C’est sans grand risque et il y a peu de chances que les foules se mobilisent pour ce qui n’est, après tout, qu’une espèce de rat aquatique (rappelons cependant que 30 000 personnes ont défilé le 22 février 2014 à Nantes derrière un triton marbré…).

Avis défavorable unanime

Cette consultation du public, purement formelle, n’en doutons pas, est ouverte jusqu’au 11 octobre 2015. Les Naturalistes en lutte travaillent déjà activement à démonter le dossier dont on note, malgré le caviardage effectué par la préfecture, qu’une partie des études a été menée par le Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l’environnement (GREGE), un bureau d’études spécialisé.

On peut déjà relever que l’argument principal tient au fait que « sur la moitié nord de la façade atlantique, les données recensées s’avèrent positives sur une grande majorité de mailles et sur la plupart des carrés-échantillons réalisés en Bretagne en révélant sa présence sur cette partie du territoire ». Conclusion : on peut donc autoriser la destruction du campagnol amphibie. Comme l’espèce est absente du Centre, du Sud-Est et du Midi-Pyrénées, on peut se demander où elle est protégée… (...)