L’attractivité d’un pays se mesure-t-elle à son environnement fiscal avantageux ? Il n’y avait déjà que peu de doutes là-dessus, mais l’étude menée par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Université de Copenhague, vient soutenir un peu plus l’idée. Selon elle, en effet, près de 40 % des investissements directs étrangers (IDE) dans le monde sont réalisés à travers des « sociétés vides » sans « réelles activités commerciales ».
En clair, une grande partie de ces stocks sont constitués de capitaux « fantômes », conçus pour « minimiser la facture fiscale des multinationales », indiquent les chercheurs Jannick Damgaard, Thomas Elkjaer et Niels Johannesen, interrogés par le « Financial Times » . En 2017, cette part d’IDE dédiée à l’optimisation représentait 38 % et en 2010, 31 %.
Le Luxembourg en tête de liste (...)
Dans certains pays, la part de ces investissements a grimpé de façon fulgurante. Au Royaume-Uni, par exemple, alors qu’ils représentaient 3 % en 2009, ils atteignent désormais 18 % en 2017. (...)
L’étude vient mettre du grain à moudre dans les discussions mondiales. Au G7 à Biarritz, outre le sujet écologique , le sujet était l’un des principaux à l’ordre du jour. Et l’idée d’une taxation internationale fait (de nouveau) son chemin. (...)
L’initiative française visant à taxer les grands groupes technologies mondiaux a accru la pression, le but étant de faire en sorte que ces investissements aillent le plus possible au financement d’activités de production. Dans le « Financial Times », Alex Cobham, responsable d’une organisation militante pour la justice fiscale, pointe cependant le fait que les initiatives des dix dernières années visant à réduire les transferts de profits vers des pays à faible taux d’imposition entraînaient des comportements plus agressifs. L’IDE à des fins d’optimisation passant ainsi de marginal à systémique.