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Pourquoi Blablacar ou Leboncoin ne tiennent pas leurs promesses environnementales
Article mis en ligne le 11 septembre 2016
dernière modification le 3 septembre 2016

Les plateformes en ligne de revente ou d’échange promettent un mode de consommation plus durable. Comment ? En allongeant la durée de vie des objets et en partageant leur usage. Plusieurs études récentes montrent pourtant que ces pratiques ne contribuent pas nécessairement à une réduction de la consommation, pourtant nécessaire à la maîtrise des ressources.

Le covoiturage au détriment du train

Le covoiturage augmente le taux d’occupation des véhicules particuliers. Mais le trafic généré par Blablacar se fait surtout au détriment du train, beaucoup plus efficace en matière d’émission de CO2. Sans covoiturage, 69% des passagers de Blablacar auraient pris le train, selon une étude de l’Ademe de 2015. S’ils ne le font pas, c’est parce que le train est plus cher. Le bilan environnemental est d’autant moins intéressant que les trajets sont principalement pour des longues distances.

Par ailleurs, cette pratique est aussi une incitation à prendre la voiture, puisque 12% des passagers déclarent qu’ils ne se seraient pas déplacés et 21% des conducteurs qu’ils se déplaceraient moins souvent sans le covoiturage...

Autre effet pervers, les sites de revente poussent à la consommation. C’est une des conclusions d’une étude récente publiée par l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) sur la consommation collaborative en ligne. Moins d’un tiers des achats sur Leboncoin se substituent à des achats neufs. Le reste relève plus du plaisir de saisir l’occasion d’une bonne affaire. Leboncoin contribue même à l’hyperconsommation, certains utilisateurs reconnaissant une pratique compulsive d’achat.

Ce type d’effet rebond existe aussi du côté de vendeurs : certains vendent des objets sur Internet pour racheter des modèles plus récents. Il n’est donc pas évident que ces pratiques contribuent à une réduction globale de la consommation, qui est pourtant la condition nécessaire à une baisse de la pression sur les ressources.

Un autre impact négatif sur l’environnement est lié aux transports. Ces systèmes décentralisés multiplient en effet les trajets de voitures, sauf à les limiter à des échelles très locales. D’autant plus pour les plateformes de location et de prêt, qui impliquent des déplacements répétés. (...)

L’économie collaborative ne se limite néanmoins pas aux grandes plateformes d’intermédiation, même si elles sont les plus médiatisées. Une étude de l’Ademe sortie en septembre 2015 montre les vertus environnementales de l’auto-partage, différent du covoiturage car il ne s’agit plus d’un service vendu mais d’une mutualisation des biens. Une voiture partagée remplace en moyenne neuf voitures de particuliers.

Des démarches collaboratives se construisent aussi autour de questions environnementales pour réduire la consommation et lutter contre l’obsolescence programmée. Comme le réseau des ressourceries, ces lieux associatifs qui récupèrent et réparent des objets usagés pour les remettre dans le circuit. Le site Commentreparer.com propose quant à lui un forum d’assistance technique, un guide d’achat de pièces détachées et donne les coordonnées du réparateur le plus proche. (...)