L’inflation grimpera de 1 000 000 % d’ici à la fin de l’année si rien ne change, selon le Fonds monétaire international. Vivres, médicaments, essence… Les Vénézuéliens manquent de tout. Pourtant doté de la plus grosse réserve de pétrole au monde, leur pays n’a pas su parer la chute des cours.
(...) Le salaire minimum ne permet même plus d’acheter un kilo de tomates à 5 millions de bolivars. Il va donc être multiplié par 34 pour atteindre… 6,8 millions de bolivars, l’équivalent de 24 €. Fini donc les liasses de billets pour payer des denrées de base (...)
Mais Nicolas Maduro est resté flou sur le calendrier. De même, s’il a promis de compenser la hausse de salaires pour les petites et moyennes entreprises, il n’a pas précisé avec quels moyens. Les caisses de l’État sont vides.(...)
Désastreux pour l’emploi ?
Déboussolés, de nombreux commerçants ont laissé leur rideau baissé, samedi.
Doivent-ils augmenter tout de suite les prix, au risque de faire fuir les clients ? Comment payer les salaires revalorisés de leurs employés ?
« 3,3 millions de travailleurs risquent d’être jetés à la rue parce que les employeurs ne seront pas en mesure de couvrir l’augmentation du salaire minimum », redoute Victor Maldonado, ex-directeur de la chambre de commerce de Caracas, dans le quotidien El Nacional. L’opposition appelle à une grève nationale, demain.
Qu’en disent les voisins ?
Tous craignent que le plan de Maduro ne pousse davantage de Vénézuéliens à l’exil. Selon l’Onu, 2,3 millions d’entre eux ont déjà fui, dont un million en Colombie. Le pays a accordé un droit de séjour de deux ans à 440 000 de ces migrants, en juin. Mais les tensions sont vives dans toute la région. L’Équateur, qui voit affluer 3 000 personnes à sa frontière chaque jour, a décrété l’« état d’urgence migratoire », samedi. Les contrôles sont renforcés aussi au Pérou, qui a encore vu affluer 20 000 Vénézuéliens, la semaine dernière(...)
Au Costa Rica, des centaines de manifestants, dont certains brandissaient des symboles nazis, ont réclamé samedi l’expulsion des réfugiés du Venezuela et du Nicaragua voisins. Même crispation au Brésil. L’agression d’un commerçant de Pacaraima (nord) a soulevé la colère des habitants, ce week-end. Un camp abritant un millier de migrants a été incendié, des coups de feu ont été tirés. Des Vénézuéliens ont répliqué en brûlant une voiture et trois Brésiliens ont été blessés. Brasilia a déployé des renforts policiers dans la région.