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Pillage des ressources et néocolonialisme
Article mis en ligne le 20 septembre 2017

Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés.

Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme.

Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat sur de possibles réparations. Celles-ci, ouvrant la voie à des réclamations populaires, pourraient engager un devoir de mémoire émancipateur jusqu’à de possibles restitutions. Une perspective à étouffer avant qu’elle ne s’embrase ? (...)

L’or au mépris de l’humain et son environnement

Le pillage des matières premières se poursuit encore aujourd’hui dans les colonies ou ex-colonies : À Arlit, dans le nord du Niger, Areva exploite l’uranium depuis 1976. Aujourd’hui, une bonne partie de cette région, balayée par les vents de sable, est contaminée |5|. « La Terre est notre mère, l’or est son cœur. Si on lui arrache, elle meurt », résumait Aïkumalé Alemin, Amérindien wayana de la région du Haut-Maroni. Le mercure utilisé par les orpailleurs en Guyane française empoisonne les populations amérindiennes vivant en forêt tropicale guyanaise. (...)

Le comble du paradoxe : Transformer les matières premières extorquées pour les vendre au pays producteur

En Afrique, le pillage des matières premières se poursuit et, comme aux temps des colonies, la transformation s’opère au Nord, avant que le produit ne revienne, éventuellement transformé, dans le pays producteur de la matière première. Ce dernier perdant donc au passage les gains de plus-value obtenue par la transformation.

Saignées de l’or noir

Quant au pétrole brut extrait d’Afrique, il est majoritairement destiné à l’exportation quitte à revenir, raffiné, depuis le pays importateur. Sur la quarantaine de raffineries présentes en Afrique, beaucoup pâtissent d’un manque d’investissement et de maintenance, sont sujettes à des privatisations rampantes et n’arrivent pas à satisfaire la demande régionale. Résultat, le continent reste dépendant de l’importation de produits raffinés pour sa propre consommation. (...)

En plus de se faire piller leurs matières premières, les populations des pays producteurs payent la plus-value des produits transformés au Nord par les multinationales occidentales. Ce mécanisme grève les caisses des États qui, pour ne pas trop amputer dans leurs budgets, doivent s’endetter toujours plus. Les créanciers sont, dans ce système dette à leur mesure, encore une fois les gagnants d’une partie de poker dangereuse et mortifère.