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Slate.fr
Peut-on envisager une Afrique sans catastrophe ?
Rokhaya Diallo
Article mis en ligne le 9 mai 2020
dernière modification le 8 mai 2020

« L’Afrique, bombe à retardement », « Une catastrophe redoutée », « L’Afrique en première ligne » , « L’évolution “dramatique” de la pandémie dans un continent mal armé »… Les titres alarmistes s’enchaînent jour après jour. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, à chaque fois que les regards se tournent vers le continent africain, c’est pour annoncer l’inéluctable catastrophe qui semble sceller son sort.

À ce jour, le continent est de loin le moins touché au monde, mais il reste celui sur lequel sont projetées les plus funestes prédictions.

À l’évidence, étant donné la pénurie d’infrastructures sanitaires, la propagation du coronavirus sur le sol africain pourrait être à l’origine d’un terrible drame humain. Et si je suis bien incapable de prédire ce qui s’y produira, cette insistance quant au caractère inexorable du désastre africain résonne à mes oreilles tel l’écho d’un imaginaire indissociable des représentations liées au continent.

En dépit de la réalité objective, il semble impossible de ne pas associer l’Afrique au chaos. (...)

Dans les faits, plusieurs gouvernements africains se sont avérés particulièrement réactifs, notamment en limitant très rapidement le trafic aérien. Le Rwanda a mis en place des dispositions sanitaires sur l’ensemble de son territoire avant même la détection des premiers cas. Des pays comme l’Afrique du Sud et la Tunisie ont imposé confinement et couvre-feu avant que le virus n’ait le temps de se répandre.Les Africain·es ont développé des savoir-faire que d’autres pays pourraient reproduire, et cette crise est une occasion de privilégier des politiques pensées depuis leurs propres perspectives.

Déterminée à « se relever par elle-même », selon les termes de l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, l’Afrique pourrait alors imposer un changement de prisme quant à l’appréhension d’un continent disposant de toutes les ressources pour être une terre d’inspiration.

Le Maroc se montre exemplaire dans sa gestion de la crise sanitaire : il a rendu le port du masque obligatoire dès le 7 avril –alors que la France tergiversait encore quant à sa nécessité–, et su créer des conditions permettant une fabrication massive et accessible (7 centimes d’euros), doublée d’une action de la société civile pour leur distribution gratuite. Aujourd’hui, le pays compte davantage de décès parmi sa diaspora dispersée à travers le monde que sur ses propres terres.

Autre cas, celui du Sénégal, à l’origine d’une petite révolution : en partenariat avec un laboratoire britannique, l’Institut Pasteur de Dakar a élaboré des tests permettant de dépister le coronavirus dix fois plus rapidement et à un coût moindre.

Il ne s’agit pas ici de dresser une liste exhaustive de tous les succès rencontrés sur le sol africain, mais de signaler que ce continent peut être présenté sous un autre jour que celui que certains médias adoptent parfois avec une complaisance malsaine.

Derrière ce biais, l’économiste Felwine Sarr dénonce « la persistance de l’afro-pessimisme ». Les Africain·es ont développé des savoir-faire que d’autres pays pourraient reproduire, et cette crise est une occasion de privilégier des politiques pensées depuis leurs propres perspectives.

Déterminée à « se relever par elle-même », selon les termes de l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, l’Afrique pourrait alors imposer un changement de prisme quant à l’appréhension d’un continent disposant de toutes les ressources pour être une terre d’inspiration.

Ainsi les métropoles africaines, toujours présentées comme des terres quasi sauvages et peu organisées, semblent-elles résister là où New York, symbole de notre monde prétendument moderne, s’est révélée impuissante à contenir l’épidémie –au point de devenir la ville de la planète la plus cruellement touchée par le Covid-19.

Il semble pourtant toujours inenvisageable de ne pas saisir sous un prisme négatif l’Afrique, continent de tous les malheurs inlassablement présenté tel un bloc monolithique. La souffrance des Africain·es semble être un matériau narratif aussi inépuisable qu’inévitable.

Même quand les catastrophes n’ont pas lieu, elles sont annoncées, comme la destinée fatidique d’un continent condamné à l’horreur.Les Africain·es ont développé des savoir-faire que d’autres pays pourraient reproduire, et cette crise est une occasion de privilégier des politiques pensées depuis leurs propres perspectives.

Déterminée à « se relever par elle-même », selon les termes de l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, l’Afrique pourrait alors imposer un changement de prisme quant à l’appréhension d’un continent disposant de toutes les ressources pour être une terre d’inspiration.

J’ignore ce qui attend le continent africain, mais je m’interroge : ne peut-on pas simplement se réjouir du fait qu’il ne soit pas inéluctablement voué à la pauvreté et à la maladie ?

À l’instar des autres pays, les États africains se doivent de lutter contre le coronavirus et de protéger les populations. Mais il est possible de décrire cette situation sans avoir à se lancer dans des spéculations hasardeuses associant chaque ligne écrite au sujet du continent à un désastre.Les Africain·es ont développé des savoir-faire que d’autres pays pourraient reproduire, et cette crise est une occasion de privilégier des politiques pensées depuis leurs propres perspectives.

Déterminée à « se relever par elle-même », selon les termes de l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, l’Afrique pourrait alors imposer un changement de prisme quant à l’appréhension d’un continent disposant de toutes les ressources pour être une terre d’inspiration.

Les Africain·es ont développé des savoir-faire que d’autres pays pourraient reproduire, et cette crise est une occasion de privilégier des politiques pensées depuis leurs propres perspectives.

Déterminée à « se relever par elle-même », selon les termes de l’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo, l’Afrique pourrait alors imposer un changement de prisme quant à l’appréhension d’un continent disposant de toutes les ressources pour être une terre d’inspiration.