
Compte rendu :
Jeudi, avec une cinquantaine de signataires munis de banderoles, d’instruments de musique en tous genres et de slogans, nous nous sommes postés à l’entrée de la Maison de l’Etudiant (nouveau bâtiment à l’entrée de l’Université de Nanterre) qui devait être inauguré comme d’autres par la présidente de l’Université, Bernadette Madeuf, Cornelius Crowley, Vice-président chargé des Études et de la Vie universitaire et officieusement responsable des étudiants sans-papiers, le Président du Conseil Régional, Jean-Paul Huchon, absent et remplacé par un représentant du Conseil Général, et des représentants du CROUS.
Le programme prévu a été détourné en raison de notre présence, les inaugurants se retranchant dans le bâtiment V où nous les avions suivis. Décidés à participer à la fête avec eux, ce sont les seuls vigiles que nous avons eus pour interlocuteurs, bloquant toutes les entrées. Cela ne nous a pas empêcher de continuer à jouer de la musique et à scander nos revendications. Certains ont réussi à entrer dans le bâtiment et nous ont invité à y entrer. Nous sommes donc entrés dans le bâtiment sans pouvoir atteindre le lieu des festivités. Un petit groupe ayant trouvé une petite fenêtre pour les interpeller, c’est désormais le rideau qui fut baissé sur nos camarades.
Nous n’avons pu ni approcher la présidence ni finalement remettre la pétition, les vigiles faisant définitivement barrage !!!
Malgré tout, notre participation a contraint les présents à annuler le cocktail prévu dans un autre bâtiment et à décider de s’enfermer dans le bâtiment de la présidence, totalement imperméable et impénétrable, les vigiles triant consciencieusement les entrants. B. Madeuf et C. Crowley se sont faufilés par un autre chemin, certainement secret, et devant notre présence répétée, ils ont finalement préféré s’éloigner du Hall au profit des étages, loin de toute contradiction.
Ce jeu de cache-cache durant tout l’après-midi avec les représentants de l’université serait risible si l’affaire qui nous réunissait n’était pas aussi sérieuse. Elle démontre aussi la cécité résolue devant les problèmes qui pourraient gêner ce consensus permanent et cette fuite en avant devant le cas de Kamilla. Loin d’être un cas isolé, la réaction est symptomatique de la manière dont les étudiants étrangers se heurtent à la capacité de l’institution universitaire, sans le dire, de suppléer l’autorité préfectorale.
Il est évidemment hors de question de s’arrêter en si bon chemin.
Le rassemblement de ce jeudi 3 mars n’était pas un objectif définitif mais un moyen de nous faire entendre. Il nous reste encore d’autres d’ exprimer notre indignation et de faire entendre nos protestations, de faire entendre la voix de Kamilla et de tous les étudiants et non étudiants étrangers.
C. Crowley invoque, enfin, un dernier argument pour justifier le refus de l’inscription de Kamilla en Licence première année (L1) de droit : selon lui son Baccalauréat Mauricien n’est pas équivalent à un baccalauréat français. De ce fait, il lui propose une inscription en DAEU (Diplôme d’Accès aux Études Universitaires).
Après enquête dans d’autres universités, nous constatons l’opacité et la complexité du système d’inscription et d’équivalence pour les étudiants étrangers.
En réalité, seul le CIEP (Centre international d’études pédagogiques : établissement public sous tutelle du ministère de l’Education nationale ) peut délivrer des attestations d’équivalence. C’est un traitement au cas par cas et moyennant 70euros ! Pour la simple connaissance de la validité de son diplôme . Selon le CIEP personne d’autre ne peut dire si oui ou non tel ou tel diplôme étranger est équivalent ou non à tel ou tel diplôme français. Le CIEP ajoute que cet argument utilisé par Mr Crowley n’est pas valable pour refuser l’inscription de Kamilla.
Par ailleurs, l’université de la Sorbonne affirme que le baccalauréat Mauricien de Kamilla est équivalent et qu’elle peut accéder directement à une L1 de droit sans passer par un DAEU !!
Comment ces deux Universités peuvent donner deux informations contradictoires sur un même dossier ? En fonction de quels critères ces dossiers sont traités ? A ces questions personne n’est en mesure, ou n’a daigné nous répondre !!!
Kamilla n’a pas à subir les conséquences de ce nouvel échappatoire. Nous avons donc besoin de vous ! Nous vous demandons d’envoyer ce courrier type à Cornelius Crowley et Bernadette Madeuf :
Mr Crowley : cornelius.crowley chez u-paris10.fr
Mme Madeuf : presidence chez u-paris10.fr
Nos salutations
et nos remerciements à toutes et tous.
Courrier type à envoyer par mail : (à copier-coller dans un mail)
« Madame Madeuf, présidente de l’université Paris X, Monsieur Crowley, vice-président de cette même université,
Nous interpellons la Présidence de l’Université de Nanterre quant à la situation de Mlle Kamilla Dharam et des étudiants étrangers souhaitant s’inscrire à la l’université de Nanterre. Mlle Kamilla s’est vue refusée six années de suite son inscription par l’administration du bureau A09. Ces derniers lui demandent un titre de séjour valide pour pouvoir, non seulement s’inscrire, mais même retirer un formulaire d’inscription. Mr C. Crowley, après une bataille menée durant l’année 2010, a pourtant rédigé une note de service, en date du 19 juillet 2010, à l’attention des administrations, leur enjoignant de ne plus demander de titre de séjour lors des inscriptions à l’Université. Malgré cette note de service, nombreux sont les étudiants, dont Mlle Dharam, venus trouver le RUSF pour ces raisons, après s’être heurtés à ce mur administratif qui continue à exiger d’eux un titre de séjour valide pour une inscription à l’université.
Monsieur C. Crowley propose désormais à Mlle Dharam une inscription en DAEU en affirmant que son Baccalauréat Mauricien n’est pas équivalent à un Baccalauréat français. Seul le CIEP, sur dossier individuel, est habilité à procurer des attestations d’équivalence.
Il est temps que cela cesse ! Il est temps que l’Université de Nanterre accueille les étudiants étrangers de manière humaine et non discriminatoire.
Nous demandons l’inscription immédiate de Mlle Kamilla en L1 de droit et l’arrêt des procédures discriminatoires de l’administration de l’Université de Nanterre."
(...)