L’avion n’a pas attendu la décision du juge : deux Soudanais, un Tchadien et un Afghan ont décollé de Nîmes pour être débarqués à Venise.
Dix-sept minutes ! C’est le temps qui s’est écoulé entre l’expulsion de quatre migrants et le jugement prononcé à Nîmes, leur rendant la liberté voici quelques jorus. L’avion de la Police aux frontières s’est en effet envolé à 12 h 20 de Garons, alors que la décision du juge les libérant est tombée à 12 h 37. Deux Soudanais, un Tchadien et un Afghan ont été débarqués à Venise, une heure après. Ils ont été expulsés vers l’Italie car c’est dans ce pays que leurs empreintes avaient été enregistrées, à leur arrivée en Europe.
"L’administration contourne sciemment la loi", affirme Me Pascale Chabbert, avocate des migrants. "Elle savait dès le mardi qu’une audience se tiendrait le lendemain. Mais tout a été mis en œuvre pour court-circuiter la décision du juge. C’est une stratégie. Je trouve déloyal et même scandaleux que l’administration contourne la loi. La Cour de cassation a en effet interdit le placement en rétention des migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen (l’Italie dans le cas présent)." (...)