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Ne pas faire d’enfants, un geste écolo ?
Article mis en ligne le 30 décembre 2017
dernière modification le 29 décembre 2017

Catastrophes écologiques, surpopulation, consommation excessive… certains couples hésitent désormais à donner la vie dans un monde à l’avenir incertain.

Est-ce égoïste de vouloir mettre au monde un enfant à l’heure de la surpopulation et de l’épuisement des ressources naturelles ? Cet enfant va-t-il devoir se battre pour avoir accès à l’eau potable, ou porter un masque anti-pollution à longueur de journée ? Certains couples se posent ces questions au moment où ils ont envie de se lancer dans l’aventure de la parentalité.

En France, la génération en âge d’avoir des enfants a grandi avec la menace du chômage, plus récemment celle du terrorisme. Elle prend aujourd’hui, de plus en plus, consience des conséquences potentiellement désastreuses du réchauffement climatique. (...)

Pour les membres du mouvement américain Ginks (« Green Inclination, No Kids »), la solution est radicale : il vaut mieux ne pas procréer. Et si le désir de fonder une famille est irrésistible, choisir l’adoption. L’auteure du manifeste de ce groupe, la britannique Lisa Hymas, cite sur son blog un rapport selon lequel le meilleur moyen de venir à bout du problème du réchauffement climatique serait de réduire la population mondiale de 500 millions de personnes d’ici 2050.

Sans aller jusqu’au malthusianisme, cette solution semble rencontrer de plus en plus d’échos chez certaines personnes. « Depuis toute petite, je n’ai jamais voulu d’enfants », témoigne Emilie Devienne, coach et auteure de Être femme sans être mère, le choix de ne pas avoir d’enfants. (...)

L’association dénataliste (mais pas anti-enfants) Démographie responsable, qui milite pour placer la démographie au cœur de la réflexion écologique depuis sa fondation fin 2008, renchérit. Le secret serait d’avoir des enfants, mais pas trop. « Il faut que nos enfants puissent évoluer dans un monde vivable et il faut qu’eux aussi, demain, aient le droit d’avoir des enfants », déclare le porte-parole Didier Barthès.

Une tendance que suivrait déjà naturellement l’ensemble de la population mondiale. (...)

Le 27 novembre sur France Culturele démographe Hervé Le Bras expliquait :

« La dynamique est au tassement de la croissance de la population mondiale. En 1970 son taux croissance était de 2 % par an, aujourd’hui on est à un peu moins de 1 % […] Dans la plupart des pays la fécondité est devenue faible voire très faible : au Brésil, 1,7 enfant par femme (contre 5 il y a 20 ans) même chose pour l’Iran et la Chine. En Inde c’est 2,4. […] Deux déterminants importants dans cette évolution : l’éducation des femmes –dès qu’elles accèdent aux études secondaires, la fécondité devient de l’ordre de deux enfants– et le fait qu’elles prennent plus en charge le désir de la réalisation des enfants. Pour les hommes pendant longtemps c’était la théorie du billet de loterie qui prévalait : plus on a d’enfants, plus on a de probabilités que l’un d’entre eux réussisse et subvienne aux besoins de la famille. »

Les citoyens de demain
Mais l’avenir de la planète ne se joue peut-être pas tant au niveau du nombre d’enfants conçus que de la façon de les éduquer. C’est d’ailleurs le défi quotidien de certaines familles. (...)
La solution idéale est-elle à portée de main ? La communauté scientifique elle-même est partagée. D’après Jacques Véron, chercheur à l’Ined (Institut national d’études démographiques), « il existe un courant en faveur de la décroissance, tandis que d’autres pensent qu’une stabilisation de la population mondiale est à la fois souhaitable et réaliste. D’autres enfin estiment qu’il n’y a pas vraiment de problème de population, les dégradations environnementales étant essentiellement liées à la façon dont les individus produisent et consomment sur Terre. » Sans consensus et sans vérité absolue, c’est à chacun de faire son choix..